Dimanche 2 novembre 2008
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20:31
Réalisation: Tobe Hooper. Scénario : Steven Spielberg, Michael Grais, Mark
Victor. Production : Steven Spielberg, Frank Marshall. Musique : Jerry Goldsmith. Interprètes : Craig T.
Nelson, Heather O’Rourke, JoBeth Williams, Beatrice Straight, Dominique Dunne, Zelda Rubinstein,...
Aussi passionnants soient-ils, les phénomènes paranormaux et autres apparitions spectrales n’auront jamais été aussi
intenses que dans Poltergeist. Pourtant, ce n’est pas ça qu’il manque au cinéma. Même l’ « Electronic Voice Phenomenon » a été développé
dans La Voix des morts et sa suite. Mais pour un Ring qui comporte encore quelques séquences réellement glaçantes (un fantôme qui sort d’une télé, tiens tiens !), combien
d’Amytiville remakés ou d’An American Haunting complètement ridicules doit-on se taper ? En un peu moins de deux heures, Poltergeist dit le principal
(et bien plus encore), nous en met plein la vue et nous offre un véritable rollercoaster de sentiments. Qui dit mieux ?
Les membres de la famille Freeling ont une vie tout à fait banale jusqu’à ce que d’étranges phénomènes paranormaux se
produisent chez eux. Curieux voire amusants au début, les évènements deviennent de plus en plus dramatiques lorsque la petite Carol Ann disparaît, emportée par les esprits qui hantent les lieux.
Voulant à tout prix récupérer leur fille, les Freeling font alors appel à un petit groupe de parapsychologues…
Je ne vais pas m’attarder sur les questions de paternité du film puisque si Poltergeist fonctionne si bien
encore aujourd’hui, c’est grâce aux deux cinéastes qui sont derrière : Tobe Hooper et Steven Spielberg. Loin du film de terreur pure (comme l’est La Maison du diable de Robert
Wise), Poltergeist fonctionne du tonnerre car le mélange qu’il propose, aussi bien au niveau des émotions que du style opposé des deux metteurs en scène, en font une œuvre unique et donc
fascinante. S’il est amusant pour le cinéphile averti de reconnaître quel artiste est derrière quelle scène (Oh ! Des spectres lumineux qui virevoltent dans le salon…ça c’est du Spielberg.
Hé ! Un type voit son visage partir en lambeau en se regardant dans un miroir, ça c’est du Hooper tout craché!), il est surtout éreintant d’entrer dans le drame qu’est en train de vivre
cette famille. Car si le film est si intense dans ses scènes cauchemardesques, c’est parce qu’on ressent tout le désarroi de ces personnes devant faire face à l’inexplicable. Voir la tronche
totalement déconfite du père devant les appels de détresse de sa fille ou les larmes de la mère sentant son enfant, qui est alors dans l’autre monde, traverser son propre corps, sont des instants
très émouvants. C’est dans ces moments intimes et terriblement humains que le film est le plus touchant. Mais Poltergeist, non content d’être un sacré drame, est un putain de film de
fantômes ultime ! Amusants au début (Carol Ann qui fait des glissades sur le sol de la cuisine), fascinants par la suite (les experts en restent bouche bée) et carrément cauchemardesques sur la fin (les morts qui jaillissent du sol), les
esprits frappeurs s’en donnent à cœur joie ! Le film ne se contente pas de suggérer, il offre du spectacle. Pas n’importe lequel, puisque chaque phénomène, aussi saugrenu soit-il parfois,
marque le spectateur de manière indélébile (la scène du clown a provoqué à elle seule bien des phobies). Et lorsqu’on entame le générique final, on est réellement soulagé que le calvaire de la
famille Freeling prenne fin.
Il y aurait tant et tant de choses à dire sur le film et autour. La musique monumentale de Goldsmith, l’enfoiré de
promoteur symbole d’un capitalisme puant, le casting impeccable, la présence de l’unique et excentrique Zelda
Rubinstein, les suites qui n’arrivent pas à la cheville de l’original, la disparition tragique de la petite Heather O’Rourke sur le tournage du troisième opus,…. Autant d’éléments qui ont
renforcés l’impact du film jusqu’à nos jours. En matière de maisons hantées et d’apparitions spectrales au cinéma, on a rarement fait mieux que Poltergeist. Rire,
émerveillement, effroi, tension, compassion, soulagement. Jamais vu un film de fantômes aussi intense et épuisant !
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