Fantastique/Epouvante/USA/1982/1h45
Réalisation: John Carpenter. Scénario : Bill Lancaster d’après la nouvelle de John W. Campbell. Production : Stuart Cohen, David Foster, Larry J. Franco, Wilbur Stark, Lawrence Turman. Musique : Ennio Morricone.
Interprètes : Kurt Russel, Keith David, Wilford Brimley, T.K. Carter, David Clennon, Richard A. Dysart,...
« Douze hommes en proie à la chose ». Adaptation de la nouvelle écrite par John Campbell « Who goes there » (« La
bête d’un autre monde ») et remake de La chose d’un autre monde réalisé par Christian Niby et Howard Hawks, The Thing est le premier grand film de studio de
John Carpenter. Produit pour le compte de la Universal, ce chef d’œuvre de l’angoisse a mobilisé à l’époque une belle équipe d’artistes absolument fantastiques : des acteurs (dont un Kurt
Russell impeccable, tout comme le reste du casting, le chien y compris!) au maquilleur (Rob Bottin et ses créatures cauchemardesques) en passant par le directeur photo (Dean Cundey) ou
encore le compositeur (il maestro Ennio Morricone), tous ont excellés dans leurs activités. Des hommes en proie à la vision d’un des maîtres de l’épouvante.
Antarctique. Deux scientifiques norvégiens, à la poursuite d’un chien de traîneau, déboulent sur une base américaine et sont abattus par les hommes du camp. Parmi ceux-ci, McReady et le Dr Copper
découvrent peu après la base norvégienne désertée et presque anéantie, ainsi qu’un cadavre à peine humain. Or, la chose qui a détruit tous les membres de cette équipe se trouve déjà parmi eux,
pouvant prendre l’apparence de quiconque, et infecter tout organisme.
Après avoir mis en scène avec brio l'imperceptible et l’indescriptible (le Mal à l’état brut dans Halloween, le siège invisible dans Assaut) en travaillant presque exclusivement sur le
hors champ, Big John pointe tout droit sa caméra sur l’horrible entité extra-terrestre agissant dans The Thing. Cette aberration organique et morphologique n’a en effet nullement
besoin de se tapir dans l’ombre ou de surgir d’un coin du cadre pour effrayer le spectateur, son aspect terrifiant tient sa force dans sa forme inclassable et inattendue. Le mal surgit de là où
on ne l’attend pas. Chez Carpenter, le mal est perfide, il se déguise. Dans The Thing, il peut prendre l’apparence de quiconque et même du plus banal des compagnons (un
chien…meilleur ami de l’homme ?) pour vous surprendre à revers et ne vous laisser aucune chance. Un des nombreux moments incroyables du film évoquant parfaitement cela est cette scène hyper
tendue, où MacReady, dynamite et lance-flamme en main, tient en joue Childs tandis que le docteur assisté de deux hommes tente de réanimer Norris, victime d’une crise cardiaque. Un homme saisit
discrètement un scalpel et s’apprête à attaquer MacReady…que va-t-il se passer ? McReady va-t-il pouvoir tenir à distance les autres ? Clark va-t-il tuer MacReady ? Personne ne se
doute que l’horreur viendra en fait de la table d’opération où Norris va se transformer lors d’un effet littéralement estomaquant. De la tension et des effets de ce genre, il y en a des tas dans
ce film magistral, la séquence du test sanguin étant la plus souvent citée.

A l’intérieur, on croirait être en sécurité puisque dehors, le climat est hostile et le froid mortel (la neige, source de peur et d’inconnu, est ici impeccablement mise en scène comme un
personnage à part entière). Mais « la chose » va venir troubler cet havre de paix et de sécurité. L’occasion est alors trop belle pour Carpenter qui va filmer de la plus belle des
manières l’isolement et balader sa caméra dans les couloirs de la base lors de plans séquences maîtrisés et diablement inquiétants. L’artiste utilise et place sa caméra comme personne. Il
parvient à se tirer de situations délicates et à découper son espace filmique, si exigu puisse-t-il être, avec une précision et une efficacité incroyable. Il faut voir à ce sujet la scène des
poches de sang déchirées où dix personnages sont debout dans un lieu relativement petit, et où les enjeux et les soupçons sont multiples. Une vraie leçon de cinéma ! Et c’est comme ça du
début à la fin. La fin, justement. Un film de Carpenter sans une fin ouverte, pessimiste et/ou désespérée n’est pas véritablement un Carpenter de haute volée. Et avec The Thing,
il nous offre l’un de ses plus beaux final, comptant avec Prince des ténèbres et L’antre de la folie parmi les fins les plus sombres et démoniaques vues sur un
écran. Normal, me direz-vous, ces trois films font partie intégrante de sa « trilogie de l’apocalypse » ! Et comment !!
Angoissant, étrange, paranoïaque, effrayant, cauchemardesque, effarant,… The Thing est un chef d’œuvre du film d’épouvante qui surpasse son modèle d’origine et qui est même
parvenu à devenir une référence en la matière, souvent copiée mais jamais égalée. Accessoirement, il s’agit aussi d’un de mes cinq films préférés de toute l’Histoire du Cinéma.





Policier/Corée du sud/2003/2h10

Slasher/USA/1980/1h36

Epouvante/USA/1984/1h40

Fantastique/USA/2004/2h07
Fantastique/USA/2001/2h
Avant d’entamer le BIFFF, je vous propose un petit flash-back sur certains films d’épouvante de la Hammer. Loin de moi l’idée de faire ici un
hommage exhaustif au célèbre et flamboyant studio britannique. N’ayant pas vu
Le Monstre (Quatermass Xperiment)
Le Cauchemar de Dracula (Dracula)
Le Retour de Frankenstein (Frankenstein must be destroyed)
Animation/Japon/1997/2h10
Drame/France/Italie/1970/1h36
Animation/USA/1993/1h15
