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Sam's

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Cult


Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /2009 13:51
Science fiction/Action/USA/1991/2h15
Réalisation: James Cameron. Scénario : James Cameron & William Wisher Jr. Production: James Cameron. Musique : Brad Fiedel. Interprètes : Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong, Robert Patrick, Joe Morton,…



Début des années 90, James Cameron met en scène la suite de Terminator, juste après avoir livré deux chefs d’œuvre de la science fiction : Aliens le retour et Abyss. Cette suite, sous-titrée Judgment Day, passe aisément la barre symbolique des 100 millions de dollars de budget (un nouveau record pour l’époque !) en justifiant parfaitement cette somme colossale : bigger, faster & louder, Terminator 2 n’est pas seulement le meilleur film d’action des 90’s, c’est une putain de révolution !
Ayant échoué lors de leur première tentative, les robots de Skynet programment un nouveau Terminator, le T-1000, et l'envoient dans le passé pour tuer directement John Connor, futur leader de la résistance humaine. Au même moment, ce dernier envoie du futur un T-800, le modèle qui avait tenté de tuer sa mère treize ans plus tôt, afin de le protéger de cette nouvelle menace. Une course-poursuite infernale débute entre les deux redoutables machines et le jeune John, bientôt rejoint par sa mère, jusqu’alors enfermée dans un hôpital psychiatrique.
On prend les mêmes et on recommence ? Pas tout à fait. Si l’on retrouve plus ou moins la même équipe devant et derrière la caméra et que le scénario possède en gros le même canevas que précédemment (le futur envoie un exterminateur et un protecteur pour s’occuper de John Connor, entraînant une course-poursuite infernale), ici, différence notoire, le T-800 se fait ange gardien tandis que l’exterminateur prend la forme d’une nouvelle arme redoutable : le T-1000. Ce tueur cybernétique à la froideur implacable interprété par un Robert Patrick débutant mais néanmoins impeccable offre, d’un point de vue visuel, quelque chose d’unique en son genre. Le concept est génial : la robustesse de l’acier (le T-800, un poil désuet face à cet ennemi) rencontre la souplesse du métal liquide (le T-1000, nouvelle technologie redoutable). Résultat de ce clash titanesque : les empoignades sont homériques, les gunfights démentiels et les effets numériques, assurés par ILM, surprennent tous les spectateurs, même les plus blasés. On parle alors à l’époque de révolution, et c’en est bien une, et une fameuse !


Mais plus encore que des SFX hallucinants, T2 bénéficie du talent et de la verve de James Cameron, ici également scénariste et producteur. L’homme maîtrise la situation, mettant parfaitement en scène la moindre fusillade et la plus petite des poursuites, faisant de chaque péripétie un véritable moment de bravoure (combien de films n’ont pas essayé, en vain, de montrer des scènes de poursuite avec des camions aussi impressionnantes que dans ce film ?). Mais pour que tout cela tienne la route et s’élève au-dessus de n’importe quel blockbuster lambda, il faut qu’un réel enjeu soit créé et que les personnages existent à l’écran, afin d’emporter littéralement le spectateur d’un bout à l’autre de l’aventure. Et c’est parfaitement le cas ici : Cameron distille une atmosphère pré et post-apocalyptique du tonnerre (les combats entre les rebelles et les machines de Skynet, les visions de Sarah Connor) et étoffe de bien belle manière les caractéristiques de ses personnages. Les deux exemples les plus flagrants sont bien entendu le T-800 et Sarah Connor qui, pour le premier, s’humanise et trouve grâce à l’interprétation d’Arnold Schwarzenegger une étonnante dimension attendrissante (voir les échanges avec John) tandis que la seconde devient carrément guerrière avec une Linda Hamilton physiquement transfigurée. De leurs côtés, les deux petits nouveaux assurent dans leurs rôles respectifs : Edward Furlong interprète parfaitement un John Connor adolescent dans lequel on perçoit déjà un futur chef de la rébellion tandis que Robert Patrick assure dans le lancé de regard froid dans la peau du T-1000. Diablement efficace.
Révolutionnaire d’un point de vue visuel et incroyablement jouissif grâce aux idées et à la maestria de son réalisateur, Terminator 2, le Jugement Dernier est ce que l’on appelle une séquelle bigger and louder et ce, dans le bons sens du terme. Plus que jamais, le film d’action fantastique a gagné ses lettres de noblesse avec ce titre qui aura ouvert la voie à de nombreuses nouvelles possibilités d’un point de vue purement technique mais aussi dans l’approche conceptuelle du blockbuster qui débourre. Merci qui ? Merci Jim !



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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /2009 22:42
Science fiction/Thriller/USA/1984/1h48
Réalisation: James Cameron. Scénario : James Cameron & Gale Anne Hurd. Production: Gale Anne Hurd. Musique : Brad Fiedel. Interprètes : Arnold Schwarzenegger, Michael Biehn, Linda Hamilton, Paul Winfield, Lance Henriksen,…



Trois ans après Piranha 2, son premier long, James Cameron nous balance à la tronche son Terminator qui le propulsera directement au rang de spécialiste du blockbuster qui défouraille sec. On est alors en 1985, le film remporte au passage le Grand Prix du Festival du film fantastique d’Avoriaz, et provoquera jusqu’à nos jours de nombreuses répercussions. La machine indestructible de Skynet était lancée.
Los Angeles, 1984. Des années avant qu'une guerre n'éclate entre humains et robots. Un cyborg surgit du futur, un Terminator, envoyé pour tuer Sarah Connor, une jeune femme dont l’enfant (pas encore conçu) doit sauver l'humanité en organisant la rébellion. La résistance humaine a également envoyé un émissaire dans le passé, Kyle Reese, afin d'empêcher la machine d'accomplir sa mission.
Très vite, la course-poursuite est entamée dans ce titre qui ne laisse que peu de temps au spectateur de s’apaiser. L’histoire, avec tous ses paradoxes temporels, ne nous sera dévoilée qu’en cours de route, lors des rares trêves que peuvent s’octroyer les deux héros poursuivis par un cyborg que rien (ou presque) ne peut arrêter. D’un côté nous avons Michael Biehn (que l'on retrouvera ensuite dans Aliens et Abyss, toujours signés par Cameron) et Linda Hamilton (qui restera essentiellement connue pour ce rôle). Lui, est parfait en homme du futur, incroyablement téméraire et transi d’amour pour celle qui enfantera le fameux John Connor, chef salutaire de la résistance. Elle, est impeccable en victime dépassée par les évènements mais qui, déjà au cours de ce film, évoluera doucement vers une Sarah Connor forte et revancharde que l’on pourra ensuite pleinement apprécier dans Le Jugement dernier. De l’autre côté, un homme prête ses traits à l’effroyable machine à tuer : Arnold Schwarzenegger. Un choix judicieux tant la stature et l’impassibilité de l’acteur conviennent au rôle. Une prestation d’ailleurs presque muette (à peine une vingtaine de phrases prononcées, toutes très courtes), pour l’acteur d’origine autrichienne qui trouvait là sans nul doute le rôle le plus important de toute sa carrière. « Sarah Connor ? », « I’ll be back », « Fuck you asshole »,… rares sont les comédiens pouvant se vanter d’être devenus cultes avec si peu de dialogues !


De son côté, James Cameron assure le spectacle en proposant un rythme fou où des scènes d’action de plus en plus intenses et violentes s’enchaînent presque sans répit. Le carnage dans le night-club, l’assaut du poste de police, le face à face final avec Sarah,… autant d’instants jouissifs qui, appuyés par les magnifiques effets spéciaux de feu Stan Winston (Predator, Jurassic Park ou dernièrement Iron Man), impressionnèrent tous les spectateurs de l’époque. Qui n’a pas été ébahi en assistant à cette fameuse scène où, dans la chambre d’un hôtel poisseux, le Terminator se répare l’avant-bras et s’extraie un œil de l’orbite ? Et puis cet endosquelette animé image par image, quelle merveille ! Des SFX qui peuvent paraître bien dérisoires aux spectateurs des années 2000, mais qui furent pourtant révolutionnaires à l’époque. Et quelle époque ! Schwarzenegger, Cameron et Winston : trois grands noms qui brillèrent alors de mille feux dans leurs activités respectives pour livrer un des sommets du film d’action des années 80. Pour notre plus grand bonheur, ils réitéreront l’exploit au début des années 90. Mais ça, c’est pour le second épisode…
Sans se soucier d’un éventuel message politique ni d’une quelconque dénonciation de la violence, Terminator fixe le spectateur à son siège pour de l’action non-stop saupoudrée d’effets spéciaux dérangeants et impressionnants. Un divertissement pur premium qui marqua son époque et lança une saga qui traversa une poignée de décennies pour écraser davantage tout sur son passage (Terminator 2) ou tenter en vain de réitérer le succès d’antan sans faire preuve de beaucoup de talent (Terminator 3 et sa bimbo-cyborg). Sûr que lorsque l’on passe après un type comme James Cameron, on a intérêt a en avoir du talent…


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Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /2009 14:45
Western/USA/1995/2h15
Réalisation et Scénario: Jim Jarmusch. Production : Demetra J. MacBride. Musique : Neil Young. Interprètes : Johnny Depp, Gary Farmer, Lance Henricksen, Michael Wincott, Robert Mitchum, John Hurt,...



Western moderne hors norme, voyage initiatique aux confins de l’existence, trip envoûtant et délicieux comme la mort, Dead Man est un film unique en son genre. Des films comme celui-ci, qui vous emmènent ailleurs et vous font presque perdre totalement pied, ils sont de plus en plus rares. Alors quand on en tient un, il vaut mieux éteindre les lumières, couper le portable, se servir un bon verre de bourbon, appuyer sur « play » et se laisser emporter.
Au XIXème siècle, un comptable répondant au nom de William Blake arrive à Machine Town. En route, un homme le prévient : ce n’est pas un travail ni la fortune qui l’attendent là-bas mais la mort. Arrivé à destination, il est blessé par balle dès le premier soir à la suite d’un quiproquo et devient malgré lui un hors-la-loi. Fuyant, il est recueilli par Nobody, un indien philosophe qui va décider de sauver son âme…
Mystique et hypnotisant du début à la fin, Dead Man est plus qu’un film, c’est une expérience, un véritable trip. Filmé dans un noir et blanc resplendissant, Jim Jarmusch joue à fond la carte de l’esthétisme. Chaque plan est une pure merveille, même lorsque la pire des raclures ou le plus chtarbé des fêlés y pointe le bout de son nez. Et dire de Dead Man qu’il est riche en personnages hauts en couleurs est un doux euphémisme. Aux côtés d’un Johnny Depp complètement possédé et d’un Gary Farmer (Nobody) dont chaque parole pénètre l’esprit, on retrouve de sacrées tronches, quelques fois inespérées: un Lance Henriksen interprétant un tueur froid et impitoyable comme la mort, un Michael Wincott en tueur bavard et railleur, un John Hurt impeccable en employé de l’entreprise Dickinson, un Crispin Glover arborant une face souillée et qui tente en vain de prévenir Bill Blake, un Iggy Pop presque méconnaissable cuisinant d’excellents fayots, un Gabriel Byrne tout en retenue amoureux d’une femme qui désormais le méprise, un Alfred Molina antipathique et malin comme un renard et surtout, SURTOUT un Robert Mitchum charismatique à en mourir qui joue ici l’un de ses tout derniers rôles au cinéma. Chaque acteur, petit ou grand, chaque prestation, longue ou courte, marque les esprits et laisse un souvenir inoubliable.


Mais Dead Man est bien plus encore qu’un film visuellement très soigné bénéficiant d’un casting de rêve. C’est une histoire mystique, étrange et intense qui prend à contre-pied les conventions du western classique. Les poèmes et pensées récités par Nobody, les fondus au noir cadençant les évanouissements du jeune comptable, la ville infernale, la nature primitive, tout ces éléments et bien d’autres encore participent à l’élévation spirituelle d’un William Blake en sursis. Mais ce qui y participe encore davantage, c’est la majestueuse et instinctive musique de Neil Young. Equipé d’un harmonium à soufflet, d’un piano désaccordé, d’une guitare acoustique et majoritairement de sa guitare électrique, il livre une musique puissante respectant les silences et le tempo du montage. Avec ses saturations et ses notes lancinantes, l’artiste improvise une bande originale sans nul autre pareil. Un petit chef d’œuvre de la bande originale indissociable du chef d’œuvre du septième art auquel il est étroitement lié.
Malgré toutes les éloges faites ci-dessus, il faut tout de même avouer que Dead Man n’est pas un film facile. Presque impossible à raconter (même si c’est ce que j’ai tenté de faire) et totalement à part, c’est une oeuvre qui se vit. Pour certains, le voyage sera peut être long et pénible mais pour d’autres, il sera passionnant et inoubliable.

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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /2008 20:31

Réalisation: Tobe Hooper. Scénario : Steven Spielberg, Michael Grais, Mark Victor. Production : Steven Spielberg, Frank Marshall. Musique : Jerry Goldsmith. Interprètes : Craig T. Nelson, Heather O’Rourke, JoBeth Williams, Beatrice Straight, Dominique Dunne, Zelda Rubinstein,...


Aussi passionnants soient-ils, les phénomènes paranormaux et autres apparitions spectrales n’auront jamais été aussi intenses que dans Poltergeist. Pourtant, ce n’est pas ça qu’il manque au cinéma. Même l’ « Electronic Voice Phenomenon » a été développé dans La Voix des morts et sa suite. Mais pour un Ring qui comporte encore quelques séquences réellement glaçantes (un fantôme qui sort d’une télé, tiens tiens !), combien d’Amytiville remakés ou d’An American Haunting complètement ridicules doit-on se taper ? En un peu moins de deux heures, Poltergeist dit le principal (et bien plus encore), nous en met plein la vue et nous offre un véritable rollercoaster de sentiments. Qui dit mieux ?

Les membres de la famille Freeling ont une vie tout à fait banale jusqu’à ce que d’étranges phénomènes paranormaux se produisent chez eux. Curieux voire amusants au début, les évènements deviennent de plus en plus dramatiques lorsque la petite Carol Ann disparaît, emportée par les esprits qui hantent les lieux. Voulant à tout prix récupérer leur fille, les Freeling font alors appel à un petit groupe de parapsychologues…



Je ne vais pas m’attarder sur les questions de paternité du film puisque si Poltergeist fonctionne si bien encore aujourd’hui, c’est grâce aux deux cinéastes qui sont derrière : Tobe Hooper et Steven Spielberg. Loin du film de terreur pure (comme l’est La Maison du diable de Robert Wise), Poltergeist fonctionne du tonnerre car le mélange qu’il propose, aussi bien au niveau des émotions que du style opposé des deux metteurs en scène, en font une œuvre unique et donc fascinante. S’il est amusant pour le cinéphile averti de reconnaître quel artiste est derrière quelle scène (Oh ! Des spectres lumineux qui virevoltent dans le salon…ça c’est du Spielberg. Hé ! Un type voit son visage partir en lambeau en se regardant dans un miroir, ça c’est du Hooper tout craché!), il est surtout éreintant d’entrer dans le drame qu’est en train de vivre cette famille. Car si le film est si intense dans ses scènes cauchemardesques, c’est parce qu’on ressent tout le désarroi de ces personnes devant faire face à l’inexplicable. Voir la tronche totalement déconfite du père devant les appels de détresse de sa fille ou les larmes de la mère sentant son enfant, qui est alors dans l’autre monde, traverser son propre corps, sont des instants très émouvants. C’est dans ces moments intimes et terriblement humains que le film est le plus touchant. Mais Poltergeist, non content d’être un sacré drame, est un putain de film de fantômes ultime ! Amusants au début (Carol Ann qui fait des glissades sur le sol de la cuisine), fascinants par la suite (les experts en restent bouche bée) et carrément cauchemardesques sur la fin (les morts qui jaillissent du sol), les esprits frappeurs s’en donnent à cœur joie ! Le film ne se contente pas de suggérer, il offre du spectacle. Pas n’importe lequel, puisque chaque phénomène, aussi saugrenu soit-il parfois, marque le spectateur de manière indélébile (la scène du clown a provoqué à elle seule bien des phobies). Et lorsqu’on entame le générique final, on est réellement soulagé que le calvaire de la famille Freeling prenne fin.

Il y aurait tant et tant de choses à dire sur le film et autour. La musique monumentale de Goldsmith, l’enfoiré de promoteur symbole d’un capitalisme puant, le casting impeccable, la présence de l’unique et excentrique Zelda Rubinstein, les suites qui n’arrivent pas à la cheville de l’original, la disparition tragique de la petite Heather O’Rourke sur le tournage du troisième opus,…. Autant d’éléments qui ont renforcés l’impact du film jusqu’à nos jours. En matière de maisons hantées et d’apparitions spectrales au cinéma, on a rarement fait mieux que Poltergeist. Rire, émerveillement, effroi, tension, compassion, soulagement. Jamais vu un film de fantômes aussi intense et épuisant !


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Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /2008 18:15

Fantastique/USA/1989/1h50
Réalisation:
Tim Burton. Scénario : Sam Hamm & Warren Skaaren d’après les personnages créés par Bob Kane. Production : Jon Peters, Peter Guber. Musique : Danny Elfman. Interprètes : Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Jack Palance, Robert Wuhl,...

 

Après Pee-Wee’s big adventure et Beetlejuice, Tim Burton est propulsé sur une entreprise d’une toute autre envergure : mettre en scène le célèbre Batman dans une aventure cinématographique dont le coût s’élève à une trentaine de millions de dollars. Passionné par le personnage créé par Bob Kane, l’artiste saute sur l’occasion et s’investit à fond, y consacrant plus de deux ans de son existence et de nombreuses heures de tournage harassantes. Un travail de dingue pour livrer une œuvre certes portée par les dollars mais aussi bourrée de talents indéniables.
Entouré de scénaristes fans du comic-book, Burton met en avant un récit parcouru de dualités et de conflits. Le jour, Bruce Wayne est un milliardaire qui vit avec son majordome depuis que ses parents furent assassinés sous ses yeux lorsqu’il était enfant. La nuit, il revêt le costume d’un sombre justicier décidé à éradiquer le crime des rues de Gotham City. Face à lui se dresse bientôt Le Joker, en réalité le gangster Jack Napier qui, suite à une altercation avec l’homme chauve-souris, tombe dans une cuve d’acide, devenant ainsi son ennemi juré. Quoi de plus normal pour les premières aventures cinématographiques du Caped Crusader que de le confronter à son Némésis ultime. A l’époque de la sortie du film, les comics sont encore peu répandus par chez nous et en terme de super héros sur grand écran, on connaît surtout Superman et ses suites. Il y a bien la série Batman avec Adam West (« Vite, sautons dans la Batmobile Robin, Wiiiiiing ! VroOOom ! Bang ! ») ainsi qu’un long métrage tout aussi kitschissime mais rien ne nous avait réellement préparé à l’œuvre proposée par Burton en 1989. Tant et si bien que le film connut lors de sa sortie la désapprobation de nombreux fans et critiques. Scénario pas assez fidèle à la B.D., seconds rôles invisibles, univers et backgrounds des personnages pas assez développés, trop de marketing tue l’artistique, etc. etc. Le film a d’ailleurs mieux marché avant sa sortie qu’après grâce à une certaine batmania et ses innombrables produits dérivés.



Il n’empêche que, bien des années plus tard, le film est toujours un objet culte auprès de nombreux spectateurs. La raison de cet enthousiasme toujours intact réside dans le fait que Burton possède un univers bien à lui…et qu’il aime les freaks ! Car, demandez à n’importe qui ce qu’il retient de ce Batman, il vous répondra : Le Joker ! Et si la personne porte un minimum d’intérêt au 7ème art, elle vous précisera : ce dingue de Jack Nicholson dans la peau du Joker ! Possédant autant (si pas plus) de présence à l’écran que Bruce Wayne/Batman, le clown du crime est sans conteste la vraie star du film. Pourtant, face à lui, Michael Keaton est excellent mais les facéties de Jack emportent tout sur leur passage. Il EST (à sa manière, certes) le Joker et le voir cribler de balles Carl Grissom (interprété par Jack Palance) en se dandinant, le regarder rôtir un gangster réticent ou le contempler en train de foutre le bocson dans un musée est un spectacle toujours délectable. Aux côtés des deux têtes d’affiche, le reste du casting passe malheureusement inaperçu, Kim Basinger en tête dans le rôle de la potiche.
A côté de ça, le film livre bien sûr son lot de gadgets et de véhicules en tous genre avec, notamment, une superbe
Batmobile (que personnellement je préfère à celle des films de Nolan, d’un point de vue strictement esthétique en tous cas) ainsi que la Batwing qui est introduite dans une très belle scène aérienne. Bref, plein de trucs hyper bat qui en jettent un max. Ajoutons à cela des costumes ainsi que des décors superbes (des rues de Gotham à la Batcave en passant par la manoir Wayne) émanant d’une direction artistique absolument remarquable qui, combinée au talent de Tim Burton, donne un cachet indubitablement unique au film. Il  fallait au moins ça pour un super héros tel que celui-ci !


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Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /2008 17:23

Horreur/USA/2005/1h33
Réalisation & Scénario :
George A. Romero. Production : Mark Canton, Bernie Goldmann, Peter Grunwald. Musique : Reinhold Heil & Johnny Klimek. Interprètes : Simon Baker, John Leguizamo, Asia Argento, Dennis Hopper, Eugene Clark,...

 

Vingt ans après Le Jour des morts-vivants, Romero revient à ses zombies chéris pour signer le quatrième opus de sa saga. Une longue période durant laquelle l’artiste livre une perle noire plus proche du drame que du film d’horreur (Incidents de parcours), réalise quelques petites séries b qui ne marcheront pas (La part des ténèbres, Bruiser) et accumule les rendez-vous manqués. Mais la prolifération d’émules du genre (Resident Evil, 28 Days later et surtout le remake de Zombie, L’armée des morts) le ramène sur le devant de la scène. Pourvu d’un budget de 15 millions de dollars (le plus important de sa carrière), le maître peut alors donner la leçon à ses concurrents.
Le monde appartient désormais aux morts. Ou presque. Au centre d’une cité dévastée, se dresse une forteresse où règne Kaufman, un capitaliste impitoyable. A son service, un commando de mercenaires approvisionnent la ville fortifiée et la protègent de zombies de plus en plus organisés et décidés à reprendre leur cité. Mais la politique et les méthodes de Kaufman ne plaisent pas à tous et certains de ses hommes ont décidés de voler le Dead Reckoning, un véhicule blindé lourdement armé, afin de le menacer de détruire sa cité-bunker…

Land of the Dead tranche immédiatement avec ses prédécesseurs. Scope flamboyant, décors apocalyptiques d’envergure, esthétisme léché, utilisation d’acteurs connus et apparition d’effets numériques, le film de Romero justifie son budget et respecte son mode de production. Si visuellement c’est splendide, on perd toutefois le réalisme des précédents opus. De même, l’interprétation des comédiens, loin d’être exécrable, manque de manière générale d’authenticité. On y trouve avec plaisir certains physiques et visages impayables (John Leguizamo, Asia Argento, Dennis Hopper), mais ce n’est plus le même qu’avec ces acteurs anonymes d’antan, nettement plus convaincants. Pour faire plaisir aux amis et aux fans, le casting multiplie aussi quelques clins d’œil: Simon Pegg et Edgar Wright, les auteurs de Shaun of the Dead, interprètent des morts-vivants dans une scène et Tom Savini joue un « Machette Zombie ». Amusant.


Tout le mordant du film se situe quant à lui dans le portrait de zombies davantage pathétiques et organisés face à des humains barbares (voir les jeux dans les arènes) et remplis de cupidité. L’écart entre les vivants et les morts se creuse de plus en plus et les vrais mauvais ne sont plus ceux qui bouffent les chairs. Ecrit avant les évènements du 11 septembre, le scénario de Romero n’a guère enchanté les producteurs à l’époque mais, plus d’un an après, le script du maître avait évolué, le transformant alors en véritable miroir de son époque. La métaphore politique pointe à nouveau le bout de son nez, et elle s’avère plus prégnante que jamais.
Comme tout bon zombie movie qui se respecte, Land of the Dead est aussi sacrément gore. Orchestré cette fois par Howard Berger et Greg Nicotero, les effets spéciaux font toujours la part belle à la tripaille en pagaille ainsi qu’aux grosses effusions de sang. Le design même des morts-vivants lorgne désormais davantage vers les comics, et pour cause, c’est le talentueux illustrateur Bernie Wrightson qui a dessiné la plupart des créatures. Notons également que certains plans numériques font leur apparition (une première chez Romero), comme lorsqu’un prêtre zombie dont la tête pendouille tente de mordre un vivant. De la diversité, du sang, des boyaux, de la rate et du cerveau ! Y a bon !
Longtemps après
Day of the Dead, on retrouve avec beaucoup de plaisir tout le mordant des œuvres zombiesques estampillées George Romero, à savoir essentiellement le gore débridé et la satire sociale. Mais le fait d’être dans une production plus importante n’a pas véritablement laissé le temps au cinéaste de peaufiner son film comme il l’aurait voulu. Pas grave cependant, l’essentiel est là et Land of the Dead surpasse la plupart des autres films de zombies de son époque. Comme quoi être un maître du genre, ça ne s’improvise pas.


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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /2008 15:32

Horreur/USA/1985/1h37
Réalisation & Scénario :
George A. Romero. Production : David Ball, Richard P. Rubinstein. Musique : John Harrison. Interprètes : Lori Cardille, Terry Alexander, Joseph Pilato, Jarlath Conroy, Howard Sherman,...


Comparé au Zombie version Argento, Day of the dead lève quelque peu le pied. Néanmoins, il ne s’avère pas moins virulent et désespéré dans sa représentation d’une humanité déchue et cruelle. Aux côtés des humains, les zombies, toujours très avides de tripailles, se feraient presque passer pour des gentils sur ce coup-là.
A l’abri des morts-vivants, un groupe de scientifiques cohabite avec des militaires dans une base souterraine. Ils n’ont plus aucun contact avec le monde extérieur et pour aggraver le tout, ils sont désormais sous les ordres d’un chef psychotique. La tension monte alors entre les deux camps et, au milieu, les zombies rôdent, toujours affamés de chairs humaines malgré les expériences parfois concluante du Dr. Logan, une sorte de Dr. Frankenstein maboul qui tente d’apprivoiser les revenants.
Le troisième opus de la saga de tonton Romero est tout aussi succulent que les précédents. Pourtant parfois un peu moins apprécié à cause de ses « longueurs » (en réalité des scènes de dialogues pourtant très intéressantes), il véhicule tout du long une tension insupportable qui éclate lors d’un final où sang et tripailles (blood n’ guts comme on dit là-bas) envahissent l’écran de part en part. Déjà excellent comme on le connaît, Le Jour des morts-vivants s’avérait pourtant au départ dantesque dans la tête de Romero. En effet, dans le premier jet du scénario, l’artiste y voyait une bande de guérilleros affronter une armada de zombies sur une île tropicale. Les quelques survivants humains d’un massacre qui devait être monumental découvraient alors en pleine jungle un ascenseur menant à une base militaire souterraine. A l’intérieur, des soldats et des scientifiques tentent de dompter les zombies. Les scientifiques les étudient tandis que les soldats en font des alliés en leur apprenant à se servir d’armes. La tension monte entre les différents groupes et tout se termine en véritable carnage. Malheureusement, les restrictions budgétaires ont forcés Romero à revoir sa copie.



Au final, on retrouve tout de même les éléments-clefs du premier scénario dont cette immense pression, cet affrontement psychologique et violent entre les militaires menés par le mégalo Rhodes (Joseph Pilato, parfait en crapule de première catégorie) et les scientifiques dont font partie la valeureuse Sarah (Lori Cardille, impeccable dans la peau de LA femme forte de toute la saga) ainsi que l’excentrique Dr Logan (l’épatant Richard Liberty). Une fois de plus, les personnages sont interprétés par des comédiens inconnus, principalement issus du théâtre indépendant. Mais si ils sont tous fabuleux, celui que l’on retient le plus est probablement Howard Sherman alias le « docile » zombie Bub. Car l’un des évènements de taille de ce Jour des morts-vivants est que le revenant évolue, change de statut. Il n’est plus sans personnalité ni totalement décérébré, il existe et change d’attitude (ce que développera aussi quelque peu Land of the Dead avec son Big Daddy). Mais attention ! Un zombie reste un zombie et vaut mieux ne pas trop le titiller sous peine de se faire mâchouiller le cul !
A nouveau responsable des maquillages, Tom Savini, épaulé par les non moins talentueux Howard Berger et Greg Nicotero, livre des effets spéciaux criant de réalisme. Entre les prothèses chiadées (pas un zomblard ne se ressemble) et les impressionnantes éviscérations du final en passant par les abominables résultats des expériences de « Frankenstein », l’artiste livre ici un panel de monstruosités que l’on pourrait qualifier aisément de chef d’œuvre. Un travail remarquable et remarqué, puisque notamment célébré à l’époque par l’obtention d’un Saturn Award (prix décernés chaque année pour récompenser les œuvres touchant au fantastique, à l’horreur et la science-fiction).
Une fois de plus, Romero garde toute son intégrité artistique pour livrer un troisième opus zombiesque de très grande qualité. Les vivants sont de plus en plus mauvais, les morts de plus en plus intelligents et les tripes se font allégrement éparpiller. L’apocalypse se poursuit, tout va bien dans le plus pourri des mondes.


Par Sam's - Publié dans : Cult - Recommander
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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /2008 20:52

Horreur/USA/Italie/1978/1h57 (version européenne)

Réalisation & Scénario : George A. Romero. Production : Richard P. Rubinstein, Dario Argento, Alfredo Cuomo. Musique : Dario Argento & Les Goblin. Interprètes : Ken Foree, Gaylen Ross, David Emge, Scott H. Reiniger, David Crawford, Tom Savini,...

Dix ans après sa nuit, George Romero nous propose son aube des morts-vivants. Véritable upgrade plutôt que suite directe, Zombie laisse de côté la suggestion pour verser dans le gore non dissimulé à coups de headshots spectaculaires. Mais derrière les flots d’hémoglobine surgit à nouveau la satire sociale, avec même des petites touches d’humour en bonus.
Les morts-vivants ont désormais envahi l’Amérique et peut être même la Terre entière. Fuyant une situation de plus en plus chaotique, un groupe se réfugie dans un centre commercial. Bien que des zombies conditionnés par les réflexes de leur vie antérieure y déambulent, les survivants y trouvent de quoi subvenir à leurs besoins. Mais malheureusement, la situation ne s’améliore guère à l’extérieur et l’étau se resserre de plus en plus sur nos rescapés…
Si Zombie a pu voir le jour, c’est grâce à nouveau à de nombreux proches de Romero et de généreux bailleurs de fonds mais aussi et surtout grâce à Dario Argento, son frère Claudio ainsi que Alfredo Cuomo qui décident de produire le film et ainsi obtenir les droits de son exploitation dans les pays non anglophones. Une fois les problèmes financiers résolus, Romero et son équipe entament le tournage, qui sera majoritairement effectué dans un véritable centre commercial (le prologue ainsi que la scène dans l’armurerie seront tournés en studio tandis que l’intervention des Forces Spéciales, elle, sera shootée dans un immeuble abandonné). Prêtant ses galeries uniquement durant la nuit, la grande surface devient alors le terrain de jeu de Romero, de son équipe et de leurs zombies. Toujours très zen, le réalisateur y met en scène un casting d’illustres inconnus qui feront des merveilles devant ses caméras. Gaylen Ross, David Emge, Scott Reiniger et Ken Foree forment ainsi un quatuor dont l’alchimie est absolument parfaite. Leur prestation est tellement en osmose et de qualité qu’ils s’avèrent être les personnages les plus cultes et appréciés de tous les films de zombies du maître (et peut être même de tous les films de zombies existants !). Malheureusement pour eux, la suite de leurs carrières ne sera guère florissante, si ce n’est celle de Ken Foree, qu’on retrouvera, des années plus tard,  dans d’honnêtes (voire d’excellentes) séries B : Knightriders,  From Beyond, Le Dentiste, Massacre à la tronçonneuse 3, The Devil’s rejects ou bien même le Dawn of the Dead de Snyder.



Un des autres apports d’importance de cette entreprise est celui du talentueux Tom Savini. N’étant pas intervenu sur La Nuit des morts-vivants car il se trouvait au Vietnam en tant que photographe de guerre au moment du tournage, le maquilleur revient à la charge plus motivé que jamais pour le deuxième opus. Il enquille ainsi les postes en assurant non seulement les maquillages, mais également en supervisant les cascades et en jouant la comédie en interprétant l’un des Hell’s Angels qui envahissent le centre commercial. Prolifique et inventif, il a la complète confiance de George Romero qui le laisse même intervenir sur le scénario pour mieux y intégrer ses effets sanguinolents. Le résultat est sans nul autre pareil : Zombie offre le spectacle ultime en terme de headshots saisissants et de démembrements en tous genre.
Nanti d’une équipe hors norme, Romero peut filmer son divertissement gore sans oublier d’y insérer du contenu. On le sait, le fantastique et l’horreur peuvent admirablement servir de parabole à l’expression de la critique sociale. Zombie est incontournable en la matière. S’attaquant principalement à la société de consommation, il brosse également avec brio la fin d’une civilisation, démontre le désarroi des autorités et montre toute la panique et le chaos qui peuvent régner en cas de crise. Non content de cela, le maître insère même une bonne dose d’humour dans son métrage, chose osée pour l’époque. Les tartes à la crème dans la face des zombies, le test sanguin,… la plupart de ces gags s’avèreront tellement audacieux qu’il seront même évincés de la version européenne par Dario Argento.

Car Zombie a plus d’un visage : trois versions du film de Romero existent et sont désormais disponibles en dvd depuis un moment. La version la plus complète dont Romero est le plus satisfait est le director’s cut d’une durée de 2h19. Hormis l’ajout de scènes gores et humoristiques, c’est la version qui prend le plus son temps et qui donne une épaisseur inédite aux personnages. Un must à découvrir absolument ! Les deux autres versions, plus célèbres, sont les montages américains et européens. La version américaine, d’une durée de 2h06, trouve un bel équilibre entre le fond et la forme tout en faisant une utilisation moindre de la musique des Goblin. Le cut européen, supervisé par Argento, est quant à lui le plus court (1h57) et le plus expéditif. La musique tonitruante de son groupe, Les Goblin donc, rythme le film tout du long. Plus d’intensité et plus d’action : l’accent est mis sur le spectacle et l’efficacité. C’est la version qu’on a toutes et tous vu plus d’une fois (pour peu que l’on s’intéresse au genre) et que l’on qualifie sans sourciller de chef d’œuvre. Mais avec les deux autres versions, ça nous fait trois masterpieces! Si ce n’est pas du culte en or massif tout ça, je veux bien me faire bouffer les tripes sur-le-champ !


Par Sam's - Publié dans : Cult - Recommander
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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /2008 17:54

Horreur/USA/1968/1h36
Réalisation:
George A. Romero. Scénario : George A. Romero & John A. Russo. Production : Karl Hardman, Russell Streiner. Musique : William Loose. Interprètes : Duane Jones, Judith O’Dea, Karl Hardman, Marilyn Eastman, Keith Wayne,...

En 1968, le coup d’essai, un véritable coup de maître, de George Romero sortait sur les écrans. Avec une poignée de potes, quelques bouts de ficelles et une soif de réaliser énorme, le cinéaste allait marquer le cinéma d’épouvante à jamais et réinventer le traitement du zombie. Car si les morts-vivants existaient bel et bien avant Night of the living dead (citons, en vrac, Vaudou de Jacques Tourneur, White zombie avec Bela Lugosi, L’invasion des morts-vivants de John Gilling ou bien même Plan 9 from Outer space d’Ed Wood), le film de Romero, lui, allait radicalement changer la donne. Après La nuit des morts-vivants, les zombies ne seraient plus jamais les mêmes.
Chaque année, Barbara et son frère Johnny vont fleurir la tombe de leur père située en Pennsylvanie. Lorsqu’un homme à la démarche étrange apparaît, Johnny taquine sa sœur et l’effraie à coups de « They’re coming to get you, Barbara ». Mais quand l’homme les attaque, Johnny trébuche et est laissé pour mort. Paniquée, la jeune femme s’enfuit et parvient à se réfugier dans une maison de campagne. Sur place, elle y trouve Ben ainsi que d’autres réfugiés. Barricadés dans la demeure, ils apprennent à la radio l’horrible nouvelle : les morts se relèvent et s’attaquent aux vivants…
Tourné par la force des choses en noir et blanc, La nuit des morts-vivants se démarque immédiatement par son approche réaliste. Tourné caméra à l’épaule avec une prise de son directe, le film bénéficie du talent et de la débrouillardise d’une équipe polyvalente. Ainsi, les producteurs se retrouvent devant la caméra (dont Karl Hardman, impeccable dans le rôle de Harry Cooper, le connard de service) ou à l’élaboration des maquillages des revenants (effectués par le même Hardman avec l’aide de Marilyn Eastman, cette dernière jouant également le rôle d’Helen Cooper). En réalité, seuls Judith O’Dea et Duane Jones étaient des acteurs professionnels. Et si ce dernier était à l’époque l’un des premiers acteurs afro-américains à tenir la tête d’affiche d’un film, il s’avérait qu’en réalité il eut été choisi uniquement pour son talent et non sa couleur de peau.


 

Œuvre avant-gardiste sur de multiples points, La Nuit des morts-vivants a donc vivement secoué l’univers du fantastique. Outre ses résonances sociales et politiques (le film date de l’époque de la guerre du Vietnam, faut-il le rappeler ?), le film offre un spectacle inouï qui secoua les spectateurs d’hier…et secoue encore ceux d’aujourd’hui ! Festins anthropophages, parenticide, pessimisme ambiant, jamais on avait vu de telles horreurs à l’écran ! Et Romero de proposer un crescendo qui finit par vous achever avec son final où tout espoir est annihilé. Tout simplement énorme !
Romero n’a pas seulement revisité et mis au goût du jour la figure du zombie au cinéma, il a définitivement changé la face du cinéma d’horreur dans ce film où la terreur est à son comble. Les spectateurs d’hier et d’aujourd’hui, amateurs du genre, peuvent remercier ce petit gars de Pittsburg qui n’en était pourtant qu’à ses débuts. Et dire que la suite de ses travaux allait être dantesque !


Par Sam's - Publié dans : Cult - Recommander
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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /2008 18:44

affiche-TheThing.jpg Fantastique/Epouvante/USA/1982/1h45
Réalisation:
John Carpenter. Scénario : Bill Lancaster d’après la nouvelle de John W. Campbell. Production : Stuart Cohen, David Foster, Larry J. Franco, Wilbur Stark, Lawrence Turman. Musique : Ennio Morricone. Interprètes : Kurt Russel, Keith David, Wilford Brimley, T.K. Carter, David Clennon, Richard A. Dysart,...


« Douze hommes en proie à la chose ». Adaptation de la nouvelle écrite par John Campbell « Who goes there » (« La bête d’un autre monde ») et remake de La chose d’un autre monde réalisé par Christian Niby et Howard Hawks, The Thing est le premier grand film de studio de John Carpenter. Produit pour le compte de la Universal, ce chef d’œuvre de l’angoisse a mobilisé à l’époque une belle équipe d’artistes absolument fantastiques : des acteurs (dont un Kurt Russell impeccable, tout comme le reste du casting, le chien y compris!) au maquilleur (Rob Bottin et ses créatures cauchemardesques) en passant par le directeur photo (Dean Cundey) ou encore le compositeur (il maestro Ennio Morricone), tous ont excellés dans leurs activités. Des hommes en proie à la vision d’un des maîtres de l’épouvante.
Antarctique. Deux scientifiques norvégiens, à la poursuite d’un chien de traîneau, déboulent sur une base américaine et sont abattus par les hommes du camp. Parmi ceux-ci, McReady et le Dr Copper découvrent peu après la base norvégienne désertée et presque anéantie, ainsi qu’un cadavre à peine humain. Or, la chose qui a détruit tous les membres de cette équipe se trouve déjà parmi eux, pouvant prendre l’apparence de quiconque, et infecter tout organisme.
Après avoir mis en scène avec brio l'imperceptible et l’indescriptible (le Mal à l’état brut dans Halloween, le siège invisible dans Assaut) en travaillant presque exclusivement sur le hors champ, Big John pointe tout droit sa caméra sur l’horrible entité extra-terrestre agissant dans The Thing. Cette aberration organique et morphologique n’a en effet nullement besoin de se tapir dans l’ombre ou de surgir d’un coin du cadre pour effrayer le spectateur, son aspect terrifiant tient sa force dans sa forme inclassable et inattendue. Le mal surgit de là où on ne l’attend pas. Chez Carpenter, le mal est perfide, il se déguise. Dans The Thing, il peut prendre l’apparence de quiconque et même du plus banal des compagnons (un chien…meilleur ami de l’homme ?) pour vous surprendre à revers et ne vous laisser aucune chance. Un des nombreux moments incroyables du film évoquant parfaitement cela est cette scène hyper tendue, où MacReady, dynamite et lance-flamme en main, tient en joue Childs tandis que le docteur assisté de deux hommes tente de réanimer Norris, victime d’une crise cardiaque. Un homme saisit discrètement un scalpel et s’apprête à attaquer MacReady…que va-t-il se passer ? McReady va-t-il pouvoir tenir à distance les autres ? Clark va-t-il tuer MacReady ? Personne ne se doute que l’horreur viendra en fait de la table d’opération où Norris va se transformer lors d’un effet littéralement estomaquant. De la tension et des effets de ce genre, il y en a des tas dans ce film magistral, la séquence du test sanguin étant la plus souvent citée.

The-thing--3-.jpg
A l’intérieur, on croirait être en sécurité puisque dehors, le climat est hostile et le froid mortel (la neige, source de peur et d’inconnu, est ici impeccablement mise en scène comme un personnage à part entière). Mais « la chose » va venir troubler cet havre de paix et de sécurité. L’occasion est alors trop belle pour Carpenter qui va filmer de la plus belle des manières l’isolement et balader sa caméra dans les couloirs de la base lors de plans séquences maîtrisés et diablement inquiétants. L’artiste utilise et place sa caméra comme personne. Il parvient à se tirer de situations délicates et à découper son espace filmique, si exigu puisse-t-il être, avec une précision et une efficacité incroyable. Il faut voir à ce sujet la scène des poches de sang déchirées où dix personnages sont debout dans un lieu relativement petit, et où les enjeux et les soupçons sont multiples. Une vraie leçon de cinéma ! Et c’est comme ça du début à la fin. La fin, justement. Un film de Carpenter sans une fin ouverte, pessimiste et/ou désespérée n’est pas véritablement un Carpenter de haute volée. Et avec The Thing, il nous offre l’un de ses plus beaux final, comptant avec Prince des ténèbres et L’antre de la folie parmi les fins les plus sombres et démoniaques vues sur un écran. Normal, me direz-vous, ces trois films font partie intégrante de sa « trilogie de l’apocalypse » ! Et comment !!

Angoissant, étrange, paranoïaque, effrayant, cauchemardesque, effarant,… The Thing est un chef d’œuvre du film d’épouvante qui surpasse son modèle d’origine et qui est même parvenu à devenir une référence en la matière, souvent copiée mais jamais égalée. Accessoirement, il s’agit aussi d’un de mes cinq films préférés de toute l’Histoire du Cinéma.

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Par Sam's - Publié dans : Cult - Recommander
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