The Ward

Publié le par Sam's

affiche-The-wardThriller/Horreur/USA/2011/1h28
Réalisation : John Carpenter. Scénario : Michael & Shawn Rasmussen. Production: Doug Mankoff, Mike Marcus, Peter Block. Musique : Mark Kilian. Interprètes : Amber Heard, Danielle Panabaker, Mamie Gummer, Lyndsy Fonseca, Jared Harris,…

Le retour aux affaires d’un auteur tel que John Carpenter après dix ans d’absence (sans compter sa parenthèse Masters of Horror et sa phase producteur « je m’en mets plein les fouilles »), est véritablement un évènement en soit pour tous les amateurs d’épouvante et de fantastique. Doucement mais sûrement, Big John se remet donc dans le bain avec ce thriller énigmatique intitulé The Ward qu’il se contente « juste » de réaliser, laissant les postes de scénariste et de compositeur à d’autres. Serait-ce là un signe de fatigue ?
Fuyant le lieu d’un incendie qu’elle vient de provoquer, Kristen (Amber Heard, LA scream queen du moment) est arrêtée par les autorités et directement placée dans un asile spécialisé. Très vite, des phénomènes surnaturels viennent perturber le quotidien des patientes, évènements provoqués par le fantôme d’une certaine Alice…
C’est une évidence : le nouveau Carpenter déçoit, inexorablement. Avec ce thriller psychologico-fantastique prenant la forme d’un film de couloirs bien peu original, Big John se vautre dans les travers du cinéma d’horreur mainstream. C’est que le script de The Ward fait dans le déjà-vu, les ¾ du film se résumant à un jeu de cache-cache entre un fantôme et une patiente qui n’est plus mentalement très équilibrée et ce, jusqu’à un dénouement sous forme de twist ultra prévisible jouant dans la cour d’un Identity et d’un Shutter island, qui sont par ailleurs déjà passés par là en faisant preuve de bien plus d’éclat. On pourrait alors se contenter d’affirmer que Carpenter applique sa belle réalisation à un script foutrement faisandé, mais même la mise en scène de The Ward manque de rythme et semble par intermittence désincarnée, le réalisateur déployant notamment devant nos yeux ébahis une accumulation de jump scares totalement inertes. Et pourtant, de-ci de-là, le réalisateur de L’antre de la folie (son dernier véritable chef d’œuvre) impose toutefois sa signature à la pellicule. Ainsi, dès ses premières images, il arrive à installer une atmosphère inquiétante, notamment grâce à ses lents mouvements de caméra qui font s’élever la tension. L’approche très old-fashion du métrage nous rappelle inévitablement les 70’s ainsi que l’époque Halloween grâce entre autres à un casting féminin, parfaitement conduit, qui évoque la synergie qu’il existait entre Laurie Strode et ses copines. Alors oui, après dix ans d’absence on pouvait s’attendre à quelque chose de bien plus original et terrifiant de la part du réalisateur de The Thing (car The Ward ne fait même pas peur, un comble pour un film d’horreur !) mais non, Carpenter n’est certainement pas mort et il peut encore nous montrer de belles choses. Alors, amis fantasticophiles, exprimons notre déception mais attendons de voir ce que le maître nous réserve pour son prochain film avant de l’enterrer prématurément !
John Carpenter’s back !...mais avec un thriller horrifique convenu qui ne surprendra personne si ce n’est les fans du maître qui découvriront, décontenancés, leur réalisateur fétiche appliquer ici la formule abominablement consensuelle en matière d’épouvante qui est en rigueur à Hollywood. Loin d’être totalement inintéressant, The Ward contient toutefois quelques bribes du grand John Carpenter qui, tant bien que mal, tente de revenir dans le système. Allez Big John, encore quelques efforts et ça devrait le faire !
Note : 2.5/6

 

The-ward-copie-1.jpg

Publié dans Previews

Commenter cet article