The killer inside me

Publié le par Sam's

affiche-The-killer-inside-m.jpgSorti le 18/08/2010

Thriller/Drame/USA/G-B/2009/1h48
Réalisation : Michael Winterbottom. Scénario : John Curran & Michael Winterbottom d’après l’œuvre de Jim Thompson. Production : Chris Hanley, Andrew Eaton, Bradford Schlei. Musique: Melissa Parmenter, Joel Cadbury. Interprètes : Casey Affleck, Jessica Alba, Kate Hudson, Ned Beatty, Simon Baker, Elias Koteas…

S'il a lui-même signé quelques scénarios pour le cinéma (L'ultime razzia et Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, notamment) Jim Thompson est surtout réputé pour ses nombreux romans noirs dont la plupart furent adaptés au grand écran (The Getaway, Coup de torchon ou encore Série noire de Alain Corneau). Aujourd'hui, c'est The killer inside me qui est adapté pour la seconde fois au cinéma (la première tentative, mise en scène par Burt Kennedy, date de 1976) sous la direction de Michael Winterbottom qui adopte pour l'occasion un style âpre et brutal que l'on ne lui connaissait pas jusqu'ici.
Lou Ford est le shérif adjoint d'une petite ville texane. Son charme naturel et son apparente gentillesse cachent en fait une nature violente qui va éclater au contact de Joyce, une prostituée qu'il était censé faire évacuer de la ville et avec laquelle il entretient désormais une relation sadomasochiste. Une situation qui va vite s'envenimer alors que Lou et Joyce décident de faire chanter le propriétaire des lieux, amouraché à la belle...
Michael Winterbottom a déjà touché à de nombreux genres tout au long de sa carrière: le drame bouleversant (Jude), le film de guerre (Welcome to Sarajevo), la science-fiction (Code 46), la comédie dramatique et musicale (24 hour party people), la romance très branchée cul (9 songs) et même le documentaire (The shock doctrine, qu'il coréalise). Hétéroclites, ses œuvres n'en sont pas pour autant toujours marquantes. Il est donc assez étonnant, voire inquiétant, de le voir adapter Jim Thompson, auteur de romans noirs hardboiled. Et pourtant, le réalisateur de The road to Guantanamo s'en tire à merveille. Après un générique à l'ancienne nous dévoilant un bien joli casting  (Bill Pullman, dans un curieux petit rôle, est aussi de la partie), The killer inside me suit ce sociopathe de Lou Ford, allant jusqu'à nous faire entrer dans les recoins les plus sombres de sa tête. C'est que derrière sa gueule d'ange, l'homme cache en fait un monstre dépourvu d'émotion, pervers, manipulateur et entretenant des relations on ne peut plus brutales avec la gent féminine. Les amours de sa vie, il ne les tue pas, il les massacre, réduisant leur joli minois en bouillie ou les laissant agoniser dans leur pisse. Pas étonnant que certains étroits d'esprit aient vus ici une œuvre misogyne, incapables de comprendre que la violence, ça n'a rien de séduisant mais c'est au contraire sale et choquant. Porté par des acteurs parfaits (si Casey Affleck y est tétanisant, Jessica Alba et Kate Hudson y sont à la fois désirables et bouleversantes), The Killer inside me est donc un pur film noir collant de près au style de Jim Thompson, avec toute sa violence, ses tabous (on perçoit bien le passé incestueux du tueur) et son nihilisme. Pour le glamour, on repassera!
Brutal sans être complaisant, The Killer inside me possède bien toute la noirceur et le nihilisme propre au style Thompsonien. Aidé par un casting impeccable, Michael Winterbottom livre donc une adaptation aussi choquante que réussie, qui se hisse sans mal parmi les meilleurs films de toute sa filmographie.
Note : 4.5/6

 

Publié dans Salles Obscures

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