Shutter Island

Publié le par Sam's

affiche-Shutter-island.jpgSorti le 24/02/2010

Thriller/Drame/USA/2009/2h17

Réalisation : Martin Scorsese. Scénario : Laeta Kalogridis d’après l’œuvre de Dennis Lehane. Production : Mike Medavoy, Arnold Messer, Brad Fischer, Martin Scorsese. Interprètes : Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Michelle Williams, Max von Sydow,…


Marty fait également son come-back en ce début de l’an 2010 avec une commande, et pas des moindres, puisqu’il s’agit d’une adaptation d’un roman de Dennis Lehane (auteur, entre autres, de Gone Baby gone et de Mystic river). Un « petit » Scorsese qui a pourtant une sacrée allure et qui écrase la plupart des sorties de ce début d’année, rien de moins.
Nous sommes dans les années 50, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés sur l'île de Shutter Island, au cœur d’un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels, pour enquêter sur la disparition de l’une de ses pensionnaires. Celle-ci serait sortie de sa cellule, pourtant fermée de l’extérieur, ne laissant comme seul et unique indice qu’un petit morceau de papier sur lequel est noté un chiffre…
Oubliez la bande-annonce consensuelle nous faisant croire que Scorsese nous a concocté un bon vieux thriller surnaturel correctement balisé. Non. Shutter Island, c’est une exploration de la folie dans toute sa complexité, avec toutes les émotions, tous les ingrédients qu’une telle thématique peut brasser. Sur la base d’un thriller, le réalisateur nous balade d’un genre à l’autre, sans véritablement s’arrêter à une identité clairement définie. Logique, puisque c’est là tout le sujet du métrage : l’identité. Ce n’est d’ailleurs pas bien grave si le twist final est rapidement éventé car l’intérêt du film est ailleurs (même si Scorsese fait preuve d’une jolie maîtrise pour nous amener à son épilogue, qu’il renforce en outre d’une ambiguïté ma foi assez troublante). La fascination intervient dans le moindre plan (forcément maîtrisé) et dans des séquences à la fois troublantes et tétanisantes. Le choc ressenti devant ces scènes (pour la plupart oniriques ou appartenant au passé du personnage) est parfois comparable aux visions d’effrois du Shining de Kubrick. Il faut dire que le décor, la musique et le moindre second rôle participent à l’atmosphère incroyable de cette œuvre qui évoquera aussi peut être à certains l’incroyable Shock corridor du grand Samuel Fuller. Last but not least, Leo livre une prestation absolument démente, trouvant un parfait équilibre dans un rôle pourtant relativement casse-gueule. Mais le talent du gars n’est plus à prouver, et aux côtés de son pote Marty, il atteint sans peine l’excellence des plus grands acteurs que l’histoire du cinéma ait connue.
Sous ses allures de film de commande, Shutter Island est un grand film de malade au scénario retors, parcouru de fulgurances à vous glacer le sang. A peu de choses près, Scorsese est passé à côté du chef d’œuvre. Une fois de plus.
Note : 5.5/6

Publié dans Salles Obscures

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columboy 11/03/2010 15:32


vi bonne critique... mais perso j'ai été déçu... http://coultoural.over-blog.com/article-shutter-island-la-nef-des-fous-45556438.html


max 11/03/2010 15:08


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