La balade sauvage (Badlands)

Publié le par Sam's

affiche-Badlands.jpgDrame/Romance/USA/1974/1h35
Réalisation, Scénario et Production: Terrence Malick. Musique : Gunild Keetman, James Taylor et George Aliceson Tipton. Interprètes : Martin Sheen, Sissy Spacek, Warren Oates, Alan Vint, Ramon Bieri...

Terrence Malick réalise peu mais bien. Son premier long, Badlands (La balade sauvage) a lancé une carrière absolument unique et formidable au sein du grand empire cinématographique. Tiré d’un fait divers réel, le film est une œuvre inclassable, entre road movie sauvage et romance emportée. Derrière les balles cinglantes, la poésie du cœur.
Quand Kit et Holly commencent à se fréquenter, leur union suscite une vive opposition de la part du père de la jeune collégienne. Mais Kit, qui est seul et sans attache, n’en a cure et, pulsionnel comme il est, il l’abat, naturellement. Commence alors pour le couple une fuite désespérée et meurtrière à travers le Dakota et les « Badlands » du Montana.
Il est ahurissant de voir combien de grands cinéastes ce film a influencé : film culte de Tarantino (mais ce type à combien de films cultes au juste ??), Badlands résonne dans des œuvres comme Tueurs nés d’Oliver Stone, Sailor et Lula de David Lynch ou encore True romance de Tony Scott qui en reprend même le thème musical. Rappelant Bonnie and Clyde ainsi que certains films criminels des années 30-40, Badlands crée un univers propre et personnel qu’on retrouve dans tous les films de l’artiste. Exaltation et magnificence de la nature, narration en voix off, poésie des images, mise en scène contrastée où la lumière/le son disent régulièrement le contraire de ce que nous montre les images,… Terrence Malick nous montre à sa manière le revers de la médaille, le rêve américain détruit. A l’écran, cela se matérialise par la construction d’une cabane dans les arbres, dans des massacres irraisonnés, dans un lent slow dans la nuit ou dans la destruction d’une maison par le feu. Malick nous parle d’aliénation, de déshumanisation, d’illusions, de raison et d’inconscience. Il le fait par les images et le son, il s’exprime comme le poète le fait sur un morceau de papier mais son support à lui, c’est la pellicule cinématographique.

 

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Tout petit budget qu’il est (500 000 dollars), Badlands est devenu un classique. Grâce à son réalisateur, bien sûr, mais aussi grâce à ses deux interprètes principaux. Martin Sheen d’abord, qui incarne à la perfection ce personnage au look de James Dean complètement détaché de la réalité et impulsif. « Lorsque l’on joue un personnage, qu’il soit bon ou mauvais, il ne faut jamais, en tant qu’acteur, émettre un jugement. Si on juge le personnage, le public sent que l’on a une idée préconçue. Il faut le jouer sans porter de jugement pour exprimer les émotions les plus profondes du personnage. » Un rôle plus que primordial pour le comédien qui le considère comme le rôle de sa vie. Sissy Spacek ensuite, qui incarne cette gosse naïve, cette enfant qui rêve de liberté et d’amour mais qui est la complice d’actes horribles. « Elle évoque des sentiments de la petite enfance. Et pourtant, elle participe à des actes de violence vraiment horribles. Elle n’est pas vraiment là. Elle est comme engourdie, c’est effroyable. » Deux grands comédiens au service d’un réalisateur qui n’hésite pas à parfois tout changer et qui part avec une caméra et ses acteurs pour shooter un plan qui à la base n’était pas prévu mais qui au final sera hors du commun. Tout comme il peut leur laisser la possibilité de littéralement s’amuser avec une scène. Une méthode payante puisque la plupart de ces plans sont ceux présents dans le montage final.
Terrence Malick est souvent comparé à Kubrick. Tout comme ce dernier, il est considéré par beaucoup comme un génie. De même, il est un artiste timide qui ne se consacre à aucune interview et qui laisse les autres parler de son art. Il s’agit d’une personne humble qui ne s’exprime qu’au travers de ses chef-d’œuvres. Tant pis pour les journalistes, tant mieux pour nous.

 

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Publié dans Cult

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max 30/05/2011 20:49



Juste un des plus beaux films de l'histoire du ciné...