L'enfer des zombies (Zombi 2)

Publié le par Sam's

affiche-L-enfer-des-zombies.jpgHorreur/Italie/1979/1h30
Réalisation: Lucio Fulci. Scénario : Elisa Briganti et Walter Patriarca. Production : Fabrizio De Angelis. Musique : Fabio Frizzi et Giorgio Tucci. Interprètes : Tisa Farrow, Ian McCulloch, Richard Johnson, Al Civer, Olga Karlatos,...

Après le succès remporté par Zombie, un producteur commandite Lucio Fulci pour réaliser cette fausse suite au titre plus qu’opportuniste. Mais le réalisateur de L’emmurée vivante et des 4 de l’apocalypse tient à se détacher du chef d’œuvre de Romero et délaisse quelque peu les supermarchés pour visiter les Caraïbes, revenant ainsi vers une approche plus originelle du mythe (voir des films comme Vaudou réalisé par Jacques Tourneur en 1943 ou, bien plus tard, L’emprise des ténèbres de Wes Craven en 1988).
Dans le port de New-York, deux policiers montent à bord d’un bateau à la dérive. Ils y découvrent un mort vivant qui les attaque sauvagement avant de tomber à l’eau. La fille du propriétaire du rafiot veut savoir à tout prix ce qui est arrivé à son père et décide de partir accompagnée d’un journaliste et d’un couple de navigateur vers l’île de Matool dans les Antilles. Sur place, ils découvriront les horreurs de cette île maudite où les morts se lèvent de leurs tombes pour dévorer les vivants.
L’enfer des zombies a véritablement boosté la carrière et surtout la réputation de Lucio Fulci. Mais si à la base il s’agit d’un film de commande, au final Fulci et son équipe ont réussis à en faire une œuvre unique et tout aussi culte que le film de Romero. Alors que chez ce dernier le mort vivant, fraîchement décédé, sert la métaphore sociale, le zombie chez Fulci est ancestral et n’exprime rien. Terreux, bouffé par les asticots, errant dans le seul but de mâcher quelques chairs, il est un corps réanimé, maudit et affamé, il est simplement et effroyablement un mort qui marche. L’approche diffère et en aucun cas ne copie vulgairement le travail de Romero et son équipe. Mieux encore, le film définit le style Fulci avec tous les excès gore que cela comporte ainsi que l’ambiance poisseuse et morbide qui s’en dégage. Le film n’est pas exempt de défauts: le scénario a été écrit à la va-vite et l’interprétation est relativement mauvaise. Mais ce fou de Fulci transgresse tout cela avec des plans tour à tour effroyablement admirables et complètement dingues. Un zombie qui s’attaque à un requin, une scène d’énucléation saisissante devenue ultra culte, l’horrible réveil des morts dans le cimetière espagnol,… L’enfer des zombies est un festival de scènes gores et d’idées folles magnifiquement photographiées et surtout relevées par des maquillages incroyables.

 

 

Pas d’utilisation de stock shots dans L’enfer des zombies, le film comprend son lot de plans osés mais surtout authentiques filmés pour les besoins du film. Alors que la majorité des films d’exploitation italiens de l’époque auraient piqués des plans sous-marins à gauche et à droite (voir par exemple et au hasard La mort au large d’Enzo G. Castellari), Fulci et son équipe ont tournés des scènes incroyables où on peut notamment voir un zombie s’attaquant à un requin. Il est assez ahurissant de voir ce cascadeur (probablement un peu inconscient sur les bords) jouer à frotti-frotta avec un gentil petit squale ! Un peu dans le même ordre d’idée, les séquences se déroulant à New-York furent tournées sans aucune autorisation. Pour jouer la scène finale, les comédiens furent maquillés dans un van puis « jetés » sur le pont pour vite shooter les plans. Du pur système D et un travail d’équipe solide au service de ce qui deviendra une perle culte du cinéma bis italien.
L’enfer des zombies se détache nettement des autres productions de l’époque grâce à ses idées folles, sa mise en scène personnelle et ses effusions sanglantes absolument tétanisantes. Le film lança définitivement Lucio Fulci dans les eaux gores et morbides du cinéma horrifique et l’homme enchaîna, presque coup sur coup Frayeurs, L’au-delà, La maison près du cimetière et L’éventreur de New-York. Une glorieuse et fastueuse époque pour le metteur en scène!


Publié dans Cult

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Alex W 16/09/2010 01:11



C'est une merveille et je suis entièrement d'accord avec ta critique...



Movie 11/09/2010 14:47



Oh ohhh tu donnes dans le grand classique là et non des moindre !!! Un des meilleurs du genre avec une BO de Frizzi que j'adore !!!



Sam's 12/09/2010 21:37



Oui c'est bien vrai, j'ai omis de parler de la superbe BO, un classique!