Drive

Publié le par Sam's

affiche-Drive.jpgSortie le 02/11/2011
Action/Thriller/drame/USA/2011/1h40
Réalisation : Nicolas Winding Refn. Scénario : Hossein Amini d’après l’œuvre de James Sallis. Production : John Palermo, Marc Platt, Michel Litvak, Gigi Pritzker, Adam Siegel. Musique : Cliff Martinez. Interprètes : Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Albert Brooks, Ron Perlman,…

En signant cette commande pour les States (en réalité une adaptation d’un roman de James Sallis initialement prévue pour Neil Marshall avec Hugh Jackman devant la caméra !), Nicolas Winding Refn transcende un matériau de base on ne peut plus simple en un revenge movie motorisé inoubliable. Petit conseil mode pour l’automne : chaussez vos gants de conduite, mettez votre plus beau blouson et mâchouillez nonchalamment un cure-dent avant d’entrer dans la salle. Effet garanti !
Un cascadeur travaillant le jour à Hollywood et dont l’anonymat et l’allure tranquille cache en réalité une activité illégale de pilote pour le compte de la mafia, mène sa propre vendetta à la suite d’un casse qui tourne mal afin de protéger une femme pour laquelle il s’est entiché. Voilà le pitch ultra simple de ce Drive composé de braquages nocturnes, de grosses bagnoles qui en jettent, de tronches inoubliables (les excellents Ron Perlman, Bryan « Breaking Bad » Cranston ou encore Albert Brooks forment des seconds couteaux premium) et d’éclats de violence stupéfiants, le tout dans une atmosphère urbaine moite et délétère. La recette est plutôt connue, et elle évoque inexorablement les récents films de Michael Mann (la superbe photographie nocturne signée Newton Thomas Sigel n’y est pas pour rien), Taxi Driver de Scorsese, les « vigilante movies » chers à Charles Bronson ou même encore le slasher surréaliste (voir l’inquiétante scène d’exécution masquée). Des références heureusement parfaitement digérée par Nicolas Winding Refn qui transcende littéralement le(s) genre(s) grâce à son style et son savoir-faire unique. De par sa mise en scène enlevée et inspirée, Drive possède donc une classe folle, accentuée par une bande-son sublime ainsi que par la présence du magnétique Ryan Gosling qui s’imposerait presque d’emblée comme une nouvelle icône du genre. Presque entièrement mutique, notre (anti)héros imprime la pellicule de Refn par une attitude et un jeu terriblement jouissif, transformant presque chacun de ses gestes en moment de bravoure. Tout le talent du réalisateur de Valhalla rising réside d’ailleurs dans cette déconcertante facilité de prendre son temps pour rendre unique la plus petite scène intimiste avant de nous balancer une série d’uppercuts mortellement bien placés, traduits à l’écran par des éclats de violence démesurés (mais néanmoins essentiels, n’en déplaisent aux non-initiés). Entre les massacres sauvages et les brèves courses poursuite (ceux qui s’attendent à du Fast & Furious peuvent aller voir ailleurs !), le cinéaste ose donc la romance retenue, parsemant son film d’instants poétiques (le baiser dans l’ascenseur) et jouant du drame pour fournir un produit final qui va bien au-delà de la simple série B.
Avec Drive, Nicolas Winding Refn passe la cinquième vitesse en livrant un revenge movie percutant qui a l’audace de transformer le cinoche de genre en cinéma d’auteur et le film d’auteur en pur film de genre. Il n’est peut-être pas le premier à l’avoir fait, mais seuls les plus talentueux  peuvent se targuer de réussir un tel équilibre.
Note : 5/6

 

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Publié dans Salles Obscures

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Moskau 18/10/2011 12:36



Excellent film, peut être le meilleur de l'année ! Vivement la prochaine collaboration entre Refn et Gosling.



Alex W 15/10/2011 01:10



Chef d'oeuvre et cette BO qui tue...



samom 12/10/2011 22:09



salut


l'un de mes coups de coeur de l'année


j'ai pris comme je l'ai dit un pied de cinéphile


un film jouissif


Winding Refn met la barre très haut