Black Swan

Publié le par Sam's

affiche-black-swan.jpgSorti le 02/03/2011
Thriller psychologique/USA/2010/1h43
Réalisation : Darren Aronofsky. Scénario : John McLaughlin, Mark Heyman, Andres Heinz. Production : Mike Medavoy, Arnie Messer. Musique : Clint Mansell. Interprètes : Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel, Winona Ryder, Barbara Hershey,…

Après l'excellent The Wrestler qui rendait grâce à l’impressionnant Mickey Rourke, Darren Aronfsky quitte le milieu du catch pour celui de la danse et nous livre un nouveau coup de maître. Cette fois, c'est Natalie Portman qui est mise sur le devant de la scène dans ce thriller psychologique qui nous plonge dans les arcanes d'une troupe de ballet à New York, où rivalités et troubles de l’identité gangrènent une nouvelle adaptation du Lac des cygnes.
Tout comme dans le précédent film du réalisateur, la caméra colle de près au personnage principal qui est ici Nina Sayers, une jeune danseuse à la recherche de la perfection et qui va littéralement fusionner avec le rôle qu'elle convoite, au point d'en perdre tous ses repères. Un directeur de troupe exigeant (Vincent Cassel, vénéneux), une double maléfique (Mila Kunis, sexy et troublante), une étoile déchue (Winona Ryder, parfaite), une mère ultra possessive (Barbara Hershey lâche toute son emprise) et une héroïne schizophrène font ainsi partie intégrante de cette grande descente aux Enfers sur fond de Tchaïkovski.

A la vision de Black Swan, on ne peut s’empêcher de penser à une autre grande œuvre paranoïaque et schizo : Le locataire, l’un des chefs d’œuvre de Roman Polanski. Plus consensuel au niveau du scénario et symboliquement très appuyé (le noir/le blanc, la fille pure et coincée/la femme libérée,…), le film d’Aronofsky s’avère au premier abord assez basique. Mais cela ne l’empêche pas de briller de mille feux. Tout d’abord grâce à la renversante Natalie Portman, entièrement dévouée à son rôle, tour à tour magnifique, fragile, sensuelle et…ténébreuse. Elle y trouve le meilleur rôle de sa carrière. La très prisée statuette en or reçue pour sa prestation n’est que justice. Tout comme The Wrestler, le film repose en grande partie sur une direction d’acteurs irréprochable, créant ainsi deux fois de suite un écho parfaitement troublant entre les acteurs et ce que vivent les personnages qu’ils endossent (Mickey Rourke, star déchue qui revient sur le devant de la scène de manière fracassante et Natalie Portman, dont tout le talent éclate enfin littéralement jusqu’à la judicieuse obtention d’un Oscar). Avec Black Swan, Darren Aronofsky achève un diptyque on ne peut plus juste et cohérent sur la starification et le don de soi. Mais son dernier film est plus qu’un film d’acteur (ou d’actrice, en l’occurrence). Il y a aussi cette caméra virtuose, qui, tout en nous livrant des scènes aussi cauchemardesques que resplendissantes (l’intro, la transformation finale) nous emporte dans un tourbillon de ressentiments vécus par l’héroïne. Régulièrement, la gorge du spectateur se serre, les mains deviennent moites et les larmes montent aux yeux. Autant dire que le mélodrame fonctionne à merveille, d’autant qu’il est servi par une merveilleuse composition de Clint Mansell, utilisant et revisitant Tchaïkovski avec maestria. De plus, le film livre quelques effets visuels surprenant, évoquant aussi bien la transformation de Seth Brundle en mouche dans le film de Cronenberg que les étirements de prothèses du loup-garou de Londres, le tout sans tomber une seule seconde dans l’absurde ! Un juste équilibre où tous les éléments sont utilisés parcimonieusement pour atteindre une quasi-perfection, voilà de quoi est fait Black Swan, premier véritable électrochoc de l’année.
Grande œuvre schyzo et parano sur la recherche absolue de la perfection, Black Swan dégage une atmosphère sombre et inquiétante, sensuelle et captivante. Véritable perle noire, le film d’Aronofsky est une ode à son interprète principale, la fabuleuse Natalie Portman, tout comme The Wrestler (re)mettait en lumière Mickey Rourke. Une cohérence de tous les instants qui traverse deux œuvres connectées mais pourtant différentes, deux films aussi jouissifs que troublants. Deux grands chefs d’œuvre.
Note : 6/6

 

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Publié dans Salles Obscures

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Gally 21/03/2011 17:45



vu sur grand écran , je suis ressortie de la salle complétement tétanisée par ce film , la performance d'Amidala est EPOUSTOUFLANTE , on souffre ,espére , grimace , tremble avec elle du début a
la fin , le final d'ailleurs est probablement une des plus belles/ fortes scénes que j'ia jamais vues de ma vie de cinéfile , , Barbara Hershey est elle aussi INCROYABLE dans son rôle de mére
étouffante et destructrice qui vit sa vie par procuration via sa fille , leur relation m'a remuée mais GRAVE !! Cassel que j'ai un peu de mal a blairer m'a également épatée , BREF un uppercut
visuel/émotionnel/sonore comme on en vit rarement dans sa vie  !!!!!!


 



Sam's 22/03/2011 12:01



Merci pour ce commentaire sur cet énorme film! Ca fait plaisir...



Mo5kau 13/03/2011 12:41



Le premier grand film de l'année. Je suis sceptique par contre quant au choix de son prochain film, à savoir Wolverine. Mais Aronofsky est assez talentueux pour nous surprendre !



Sam's 13/03/2011 13:08



Merci Samom!


Effectivement Mo5kau on verra pour Wolverine, je suis curieux de voir ce que ça va donner!



samom 12/03/2011 22:18



Une très belle chronique pour un film de légende


pas mieux


 


;)


 


excellent sam