Avatar

Publié le par Sam's

affiche-AvatarSorti le 16/12/2009

Science fiction/Aventure/USA/2009/2h41

Réalisation & Scénario : James Cameron. Production: James Cameron, Jon Landau. Musique : James Horner. Interprètes : Sam Worthington, Zoë Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Giovanni Ribisi…


En parcourant la filmo de James Cameron, on s’aperçoit vite que l’artiste est une figure incontournable dans l’évolution du 7ème art. Imprégnant nos rétines d’images marquantes, créant des personnages inoubliables (dont l’une des héroïnes les plus connues du cinéma d’action), influençant nombre de cinéastes par son approche des scènes d’action et repoussant sans cesse les évolutions technologiques en matière d’effets spéciaux, James Cameron est indéniablement une référence. C’est dire si Avatar, projet qu’il a en lui depuis 15 ans, était attendu avec une impatience toute fébrile. Un coin de notre esprit craignait la déception, même toute légère. Mais il n’en est rien car il s’agit bel et bien d’une nouvelle référence, une aventure incroyablement immersive pensée et conçue pour nous faire vibrer. Avatar, c’est le cinéma de Cameron dans toute sa splendeur, soyez-en rassuré.
Jake Sully, un ancien marine devenu paraplégique, se voit offrir une seconde chance lorsqu’on lui propose de prendre le relais de son défunt frère jumeau, pour se rendre sur Pandora, une lune située à des années-lumière de la Terre. Sur place, un puissant consortium exploite un précieux minerai destiné à résoudre notre crise énergétique. L’atmosphère de Pandora étant toxique pour les humains, Jake Sully rejoint le Programme Avatar permettant de lier l’esprit d’un humain à un corps commandé à distance dont l’apparence est celui d’un Na’vi, la race autochtone de Pandora. Dans la peau de son avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie alors une mission d’infiltration auprès des Na’vi, devenus un obstacle trop important à l’exploitation de leurs ressources naturelles. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na’vi, sauve la vie de Jake. Ce dernier est alors recueilli par son clan où il va apprendre progressivement à devenir l’un des leurs en respectant leur mode de vie et en assimilant leurs coutumes. Il en oublie alors sa mission, qui va pourtant vite le rattraper sous le commandement du colonel Quaritch, prêt à tout pour arriver à ses fins, quitte à semer le désordre et la destruction…
L’histoire est classique dans ses grandes lignes, mais il n’en faut pas plus à Cameron pour nous émerveiller pendant les 2h40 que dure cette version ciné d’Avatar. Fidèle à lui-même, le réalisateur impose une narration d’une fluidité exemplaire, nous rappelant vite qu’il est un conteur hors pair. Sa mise en place est directe et précise, son univers (créé de toute part, faut-il le rappeler) est d’une richesse sans limite et les thèmes qu’il parcourt durant son long métrage nous touchent toutes et tous. Nul besoin d’être un fan hardcore de SF pour apprécier Avatar. Le film affiche une universalité inouïe rien que par ses images et se déleste de toute fioriture scénaristique, y compris dans des dialogues qui sont volontairement minimalistes. Le cinéma de Cameron, c’est du grand spectacle épuré, fluide, virtuose, et incroyablement jouissif. Avatar compose une véritable apogée de ce cinéma-là. Le film est déjà remarquable en vision classique, avec ses scènes d’action incroyablement lisibles malgré un rythme déchaîné (quel final mes amis !), ses comédiens parfaits campant des personnages destinés à devenir mythiques (dont un Stephen Lang charismatique en diable dans le rôle du badass Colonel Quaritch), son bestiaire, ses décors et ses effets spéciaux remarquables car imperceptibles (la performance capture reflétant ici à la perfection le jeu de leurs interprètes humains et ce, dans leurs émotions les plus complexes).


Lors d’un visionnement « à plat », le spectacle est donc déjà d’une très grande qualité (écrasant au passage tous les blockbusters sortis ces dernières années). Mais si vous désirez vivre l’aventure Avatar à fond, vous vous devez de la vivre en 3D. Vous serez alors au plus près de Jake Sully, vous découvrirez l’univers des Na’vi avec deux fois plus d’émerveillement et vous tremblerez comme jamais lorsqu’un AMP vous foncera dessus. Alors que les productions récentes s’évertuent à accumuler les effets de projection hérités des parcs d’attractions (James Cameron étant aussi familier du média puisqu’il signa en 1996 l’attraction T2 3-D : Battle across time pour les Studios Universal à Hollywood), Avatar, lui, maîtrise la technique avec brio, la mettant au service de son histoire et non l’inverse. Résultat : au bout de 2h40 d’une aventure incroyablement épique, pas la moindre céphalée ne nous assaille mais un tas de scènes inoubliables se percutent dans notre tête et le cœur est encore tout palpitant. Du grand art, qui transperce l’écran pour venir s’incruster directement dans votre cerveau. Avatar, c’est le cinéma de demain d’ores et déjà accessible aujourd’hui !
Avatar est une aventure épique et trépidante, un conte animiste et écologique, une histoire d’amour aussi pure que troublante, de la SF jouissive et immersive. James Cameron ouvre une nouvelle dimension au cinéma : celle de l’expérience sensorielle dont on ressort essoufflé, mais pourtant encore assoiffé. Cette révolution-là ne donne qu’une seule envie : retourner dans une salle de cinéma et revivre l’aventure, encore et encore.
Note : 6/6

Publié dans Salles Obscures

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samom 24/12/2009 00:00


Voilà c'est fait : je l'ai vu
je ne voulais pas te lire avant
ta chronique est juste et impeccable comme toujours
j'ai vécu moi aussi une expérience de dingue en 3d et en vo
c'est plus qu'un film : c'est une expérience de dingue qui va au-delà de la simple gadgetisation de la 3d

un vrai moment entier

j'ai mis 4 heures pour rédiger quelque chose qui se tient (je me suis lâché grave)

j'espère que tu me feras l'honneur de lire mes mots

je sais que quand je suis emballé, ma "plume" glisse toute seule
l'art de mettre ses idées au clair est un truc incroyablement dur

il m'aura fallut attendre 39 ans pour voir le cinéma ainsi




Bastien 22/12/2009 20:46


Ha ha c'est vrai qu'on va pas faire ce plaisir à Sam ^^

Pour le Mann ok, discussion au FIFA entre deux godets et en ayant revu fraichement le dvd d'ici là ;-) mais je rebondis sur le fait que, justement, Miami Vice m'avait fait l'effet inverse de Public
Enemies : on sentait avec Miami Vice comme tu dis de "l'avant-garde", en tout cas une volonté d'aller à contre-courant en proposant autre chose que ce qu'on pouvait attendre, un film finalement
presque contemplatif et avec peu d'action. C'est le reproche que beaucoup on fait mais moi je trouve justement que c'est ce qui fait sa force. Ici, j'ai vu du "standard"...

Voici ce que je disais de Public Enemies à sa sortie :
"Techniquement c'est la classe américaine : bien filmé, bien monté, beaux effets sonores et belle photo. Le numérique commence à se stabiliser aussi, on dirait (on est loin des essais nocturnes de
Collateral voir Miami Vice). C'est du film hollywoodien standard (action, romance et humour de temps a autres) et c’est bien foutu. L’ennui, c’est que c’est « juste » bien foutu…

Je veux dire, pour moi le film est superficiel, constamment en surface : pas de profondeur, pas de réflexion sur le statut "Robin des Bois" de Dillinger, sa manipulation de la presse, la vendetta
personnelle d’Hoover… On effleure à peine le contexte historique (la Grande Dépression, la naissance du FBI) quand on ne commet pas carrément des impairs (« Baby Face » Nelson est mort APRES
Dillinger, et non l’inverse !) sous prétexte de créer de la dramaturgie. Et, comme The Aviator de Scorsese par exemple, un film trop grand public et pas assez personnel vis-à-vis de l'auteur (où
sont ces jeux avec les couleurs propre au style de Mann ?).

Ainsi, à trop rester en surface, on se rend compte du semi-échec du film, et quel chef-d’œuvre il aurait pu être : Michael Mann aurait pu atteindre les sommets de virtuosité et d’expérimentations,
Johnny Depp et Christian Bale (tous deux très bons) auraient portés au firmament leurs personnages, Public Enemies aurait pu être LE film de gangsters de ce début de XXIe siècle (coche déjà loupé
par American Gangster de Ridley Scott)."

Mais cela reste un bon film, comprenons-nous bien ;-) Juste un ptit manque de personnalité pour moi. Comme si Mann, a vouloir tout gérer, ne le faisait qu'en surface. Qui embrasse trop mal
étreint.

Maintenant le fan pur et dur que tu es de Mann m'attends sans doute avec un AK-47 au FIFA je pense ^^

Pour Avatar oui, c'est sûr, si on reste branché sur le côté "mégalo" et "universel", ok, mais c'est justement le côté "artisanal" qui me manque plus j'y réflechis. Je veux dire : le robot géant
d'Aliens, les animatroniques et maquillages de Terminator 1 & 2... Ils ont de la gueule quand même. Et ils vieillissent globalement bien et, surtout, on sent quelque chose derrière. Ici et je
sais que tu seras d'accord avec moi, c'est techniquement superbe et ne sera probablement pas égalé avant un moment, mais y a un côté "vide" derrière... Puis rien à faire, ce côté Disney, moi, ça
m'insupporte chez un mec qui a les baloches de Cameron ^^ surtout quand je revois Titanic, sévèrement burné par son audace (tout en étant une romance certes convenue mais beaucoup plus efficace)
qui manque hélas ici...


max 21/12/2009 22:01



Ho le modeste ! Mes connaissances valent bien les tiennes Bastien ! Mais trève de politesse, il faudra que l'on reprenne cette discussion de vive voix et + dans le détail prochainement (lors du
FIFA ?) car ici, il semble que nous sommes en train d'attiser la soif de sang et de carnage de l'ami Sam. En ces jours de fête, il vaut mieux ne pas réveiller la bête féroce qui sommeille en
lui.

Tu es très dur avec Mann quand tu utilises les mots "baclés" ou "étouffé" par le système car Mann a fait le film qu'il voulait faire. PUBLIC ENEMIES est pour moi l'oeuvre d'un artiste
avant-gardiste qui cherche l'inédit justement, tant au niveau de la technique qu'au niveau de son propos. Je continue à dire que ceux qui ont trouvé MIAMI VICE ou PUBLIC ENEMIES "conventionnels"
n'ont pas bien regardé. Perso, je m'en fout un peu de l'histoire qu'il raconte, ce qui m'intéresse c'est COMMENT il la raconte, le style, l'angle, le point de vue inédit, la recherche, le découpage
des plans, les émotions froides et ces moments de vies captés à vif. Des moments de vie toujours finement observés et présentés. Et là, c'est différent des autres cinéastes qui lui sont
contemporains et qui jouent dans la même cour (celle des films au budgets importants). Je ne dit pas que c'est forcément mieux... Mais c'est différent, en décalage avec ce qu'on peut attendre.
C'est là, quelque part, que se retrouve la notion d'"artiste", bien trop souvent galvaudée au cinéma, mais liée à la prise de risque et à la volonté de proposer un petit morceau d'inhabituel.
Le Cinéma de Mann est fait de non-dit, de ruptures, le travail n'est pas maché, il faut suivre car la narration est subtile et capte des choses profondes et puissantes sur la nature de l'homme.
C'est ça que j'aime dans son cinéma et qui fait de moi un adepte de sa secte ; )

AVATAR reste pour moi du pur James Cameron, c'est à dire du ciné mégalo et universel, à la pointe mais aussi artisanal et tellement bien raconté. 
Oui, ABYSS était un film au final optimiste, à l'image de la fin des années 80 et début des 90. A l'opposé, le constat d'AVATAR est terriblement pessimiste sur la nature humaine (cfr le choix de
Sully à la fin du film), complètement en phase avec son époque (voir le resultat pitoyable du sommet de Copenhague). Etre en adéquation avec son époque, c'est ça aussi qui fait marque des grands
cinéastes qu'on les aime beaucoup ou moins.


Bastien 21/12/2009 16:25


Oh je ne crois pas que je tiendrai la distance face aux connaissances de Max ^^

Cela étant, pour moi Public Enemies est soit un enfant étouffé par Hollywood justement, soit du travail bâclé. Je ne dis pas que Mann, c'était mieux avant : quand je cite Heat, c'est pour évoquer
sa rigueur formelle et narrative, sa puissance baroque et sa tension palpable. Ici, beaucoup trop de mou, des séquences qui ne servent à rien. J'aime l'évasion d'introduction, la chasse à l'homme
dans les bois, les gunfights, la torture de Marion Cotillard. Mais 2h30 pour tout ça, pas sûr que ça valait le coup. J'aime le travail chirurgical de Mann, dans tous les films que tu cites, et même
cette volonté de percer Ali, film souvent critiqué aussi par ailleurs. Et puis surtout, ce qui m'a frappé, c'est que Mann a une patte évidente dans le jeu des couleurs, surtout le bleu : ici,
beaucoup de gris et de noir, comme si Mann était devenu terne...

Je ressens la même chose sur Avatar, Cameron perd un peu de sa patte si personnelle pour un conformisme économique. Apparemment ça marche le film sera rentabilisé pour Noël. Quant à Abyss, il y
avait un contenu je trouve, et surtout une humanité que je ne retrouve pas ici par cette surcharge d'effets spéciaux forts impressionants au demeurant mais finalement assez frustrants.


max 21/12/2009 13:44



Avec PUBLIC ENEMIES, je trouve que Mann démontre qu'il est en avance sur tout le monde en matière de maitrise filmique. Je suis fan, je ne suis peut-être pas complètement objectif.
HEAT c'est un film, MIAMI VICE en est un autre, PUBLIC ENEMIES encore un...
Le "c'était mieux avant", je ne suis pas toujours convaincu par cet argument qui revient très souvent dans les discussions de cinéphiles. Un grand cinéaste évolue, il ne refait pas toujours
exactement et systématiquement le même film. Le grand mérite de Mann c'est de s'approprier des sujets et de les modeler d'une manière très personnelle tout en faisant évoluer son style. Les
meilleurs exemples sont REVELATIONS et MANHUNTER dont la resuçée d'il ya quelques années est une demonstration édifiante de la différence entre bon et mauvais film à partir d'une même base de
travail.
PUBLIC ENEMIES est pour moi un film très personnel, enfanté par le système hollywoodien mais parfaitement dompté par son auteur.
Les mêmes commentaires peuvent s'appliquer aussi à Cameron dans un autre style (même si je ne suis pas aussi inconditionnel de son cinéma)
N'oublions pas qu'ABYSS s'était fait descendre par la critique lors de sa sortie et qu'il est considéré aujourd'hui comme un film culte par beaucoup...


Sam's 21/12/2009 15:45


Un Pour Vs contre bestial est en train de se dérouler entre Max et Bastien les ami(e)s!