Jusqu'en enfer (Drag me to Hell)

Publié le par Sam's

Sorti le 24/06/2009

Epouvante/comédie/USA/2009/1h39
Réalisation: Sam Raimi. Scénario : Sam Raimi & Ivan Raimi. Production : Robert Tapert, Grant Curtis, Sam Raimi. Musique : Christopher Young. Interprètes : Alison Lohman, Justin Long, Lorna Raver, Dileep Rao, David Paymer,…


Sam is back, baby ! Non pas avec de nouvelles aventures de l’homme araignée mais avec une réjouissante histoire de mauvais sort et de démons agités. Back to the roots, donc, pour l’auteur d’Evil Dead qui a conservé toute sa verve et son talent quand il s’agit de nous faire peur et rire à la fois. Prenez vite votre ticket, le train pour l’enfer ne va pas tarder à démarrer !
La jeune et belle Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, est bien décidée à obtenir le nouveau poste de manager au sein de la banque où elle travaille. Un jour, une vieille gitane, Mme Ganush, se rend à son bureau afin de lui demander un crédit supplémentaire pour sa maison. Christine tente d’aider la pauvre dame, mais pour prouver à son patron qu’elle est capable de prendre des décisions difficiles, elle lui refuse péniblement cette requête. Cet acte va lui coûter cher, car pour se venger de cette humiliation, Mme Ganush invoque le Lamia, un démon qui tourmentera la jeune femme durant trois jours avant de l'emmener en enfer.
ATTENTION, PRUDENCE, MEFIANCE ! Texte hanté de spoilers ci-dessous !
Quand le maître revient au genre qui l’a fait connaître auprès des fans d’horreur, le résultat ressemble à une vraie leçon de cinéma, aussi divertissante que remarquable. C’est bien simple, peu de réalisateurs actuels réussissent à manier avec autant d’audace et de maestria l’humour et l’angoisse au sein d’une même œuvre. Drag me to Hell est donc logiquement un ride horrifique tour à tour drôle, fun, inquiétant et fou. Le réalisateur d’Evil Dead va droit au but, nous présente ses personnages, Christine Brown en tête (Alison Lohman, aussi mignonne que névrosée), et place ses pions aussi brièvement qu’efficacement. Le rythme est parfaitement maîtrisé (quel bonheur, on ne s’ennuie pas une seconde !) et le moindre élément est mis en place pour parvenir à nous bluffer (le coup du bouton dans l’enveloppe, on le sent venir mais ça marche du feu de Dieu !). Roublard, Sam Raimi est aussi diablement généreux et subversif, puisqu’il n’hésite pas à faire couler quelques fluides peu ragoûtants, allant même jusqu’à jouer de la farce macabre avec un pauvre petit chaton. Certes, on n’atteint pas l’outrance visuelle d’un Evil Dead 2, mais les effets gores et horrifiques ici présentés sont toutefois parfaitement jouissifs. Le réalisateur cite à de multiples reprises sa célèbre trilogie horrifique (gobage d’œil compris) jusqu’à une séance de spiritisme aussi cartoonesque qu’agressive. En apothéose finale, Raimi nous balance même, après nous avoir autant fait rire que stresser, un climax aux antipodes du happy end mielleux habituellement de rigueur dans ce type de production. Alors non, Sam n’a pas perdu son âme à Hollywood en fabriquant de gros blockbusters friqués (il n’est d’ailleurs pas anodin que l’intrigue de Drag me to Hell débute dans une banque), il a tout simplement affiné son savoir en gagnant en efficacité et en restant avant tout au service de ceux qui font vivre le cinéma : les spectateurs.
Aussi drôle qu’inquiétant, aussi jouissif que barré, Drag me to Hell nous prouve que Sam Raimi tient toujours la forme, et qu’il peut passer d’une grosse machine à un petit ride horrifique avec une aisance déconcertante. Seuls petits reproches à émettre : il manque Bruce Campbell à l’appel et quand le générique final apparaît, on en voudrait encore plus !

Note : 4.5/6

Publié dans Salles Obscures

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dido 19/07/2009 00:25

Je n'ai pas trop adhéré au film car trop américanisé. J'ai trouvé l'idée intéressante de faire connaître le monde des "démons, esprits, sortilèges". Etant issu d'un pays où on y croit dur comme fer, j'ai vu beaucoup de films étrangers sur le thème et l'ambiance ressemble beaucoup à l'ambiance du Blair witch donc vraiment flippant. Ce film est vraiment trop trop américanisé, je fais référence aux coups que prend la vieille dame et se relève comme si de rien n'était, l'actrice est censée vivre des moments effrayants et finalement elle se relève la tête haute ... Franchement, si je vivais des scènes pareilles, je me piss... dessus littéralement. En revanche ce qui est pas mal, ce sont les scènes où les acteurs sont frappés par les esprits (j'ai vu les mêmes scènes dans des vieux films), l'utilisation d'un petit objet insignifiant pour jeter le sort et le sacrifice du bouc c'est pas mal aussi mais lui transformer le museau comme ça pffffff et le nombre de fois que la vieille lui vomit, bave, crache dessus trop c'est trop;

Sam's 21/07/2009 23:18


Dommage que tu n'aies pas adhéré dido, mais c'est justement ce mélange d'humour, de sérieux et de folie qui me plaît chez Raimi. J'ai toujours beaucoup aimé ces
instants dont tu parles où il plonge à fond dans le cartoonesque et l'outrance.


samom 17/07/2009 16:02

j'ai appréciésam raimi revient à des choses simples, à ce qu'il sait faire de mieux : nous foutre la pétoche gentimentla scène de l'agression dans le parking est énormeet la gitane fait vraiment peur cette sal............