Let the right one in (Morse)

Publié le par Sam's

Epouvante/Suède/2008/1h54
Réalisation: Tomas Alfredson. Scénario: John Ajvide Lindqvist d’après son oeuvre. Production : Carl Molinder. Musique : Johan Söderqvist. Interprètes : Kare Hedebrant, Lina Leandersson, Per Ragnar, Henrik Dahl,…



Primé à travers le monde entier (de Sitges à Bruxelles, en passant par Gerardmer), ce film de vampire suédois ne démord pas à sa réputation : il s’agit bel et bien d’une petite merveille doublée d’un des films de vampires les plus innovants et émouvants vu depuis belle lurette. Ouste les midinettes adeptes de Twilight ! Let the right one in est un VRAI film de vampires à la fois jubilatoire et émouvant. Mais bien entendu, comme le monde de la distribution est mal foutu, celui-ci n’est pas distribué dans les salles belges. Un comble !
Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même. Quand Eli s'installe avec son père dans l'immeuble d'à côté, il trouve enfin quelqu'un avec qui se lier d'amitié. Ne sortant que la nuit, et en t-shirt malgré le froid glacial, la jeune fille ne manque pas de l'intriguer. Lorsqu'une série de morts sanglantes auront lieu dans la région, l'imagination d'Oskar ne fera qu'un tour : Eli est un vampire. Leur complicité n'en pâtira pas pour autant, et deviendra même un motif de survie…
Le Suédois John Ajvide Lindqvist adapte ici son propre best-seller pour le grand écran, la mise en scène échouant à Tomas Alfredson, qui, après quelques séries télé réalisées dans son pays natal, acquiert une belle reconnaissance mondiale avec ce Morse (préférez le titre international Let the right one in, bien plus évocateur que son anecdotique traduction française). Et ce n’est là que justice tant le film réactive avec brio le mythe vampirique, et ce après des années de suceurs insipides (hormis Blade 2 et 30 Days of night, combien de Van Helsing et autres Underworld puants avons-nous dû supporter ?). Pourvu d’une belle sensibilité, le film de Tomas Alfredson est aussi et surtout une love story, un récit autour d’une rencontre aussi inéluctable que troublante. Ses deux jeunes personnages forment une union touchante et sans nul autre pareil, Oskar trouvant en Eli le moteur de son émancipation et Eli trouvant en Oskar le complice idéal à sa nature destructrice. Ces deux êtres solitaires étaient faits pour se rencontrer et leur amour, aussi platonique soit-il, offre des instants d’une poésie incroyable. Les mœurs des êtres, les relations qu’ils entretiennent ou même les éléments fantastiques inhérents au genre sont traités avec intelligence et subtilité, offrant au passage des instants réellement innovants et jouissifs. Eli est une personnalité captivante, ses transformations en créature de la nuit étant délicatement effrayantes et son comportement de petite fille étant férocement séduisant. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu un vampire aussi bouleversant et fascinant sur grand écran. En outre, le film est techniquement maîtrisé, regorgeant ainsi de plans magnifiques et d’idées visuelles géniales (la scène de la piscine est une vraie tuerie). Le seul petit bémol qu’on pourrait lui adresser consiste en une intrigue secondaire relativement vaine, mettant en scène l’une des victimes d’Eli, et nous valant une séquence plutôt loupée (l’attaque des chats). Mais ce n’est là qu’une broutille tant l’œuvre de Tomas Alfredson et John Ajvide Lindqvist possède une aura unique qui l’élève sans mal au rang des meilleurs films de vampires, voire des plus beaux films d’horreur jamais faits.
Troublant, poétique, sensible, violent, froid comme la mort, Let the right one in bouleverse en véhiculant de nombreuses émotions contradictoires et en mêlant habilement le fantastique dans un contexte social réaliste. Une vraie pépite à ne louper sous aucun prétexte !
Note : 5.5/6


Publié dans Salles Obscures

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dido 19/07/2009 00:19

je viens de le visionner, c'est vraiment un film troublant et émouvant. Ce mélange de séduction, attraction, tristesse, espoir/désespoir me permet de me remémorer Dracula et Entretien avec un vampire. Il était temps qu'un réalisateur rattrape tous les navets produits depuis ces deux chefs d'oeuvre. Je suis d'accord avec toi, c'est pas du Twilight ni du Underworld.

Sam's 21/07/2009 23:15


Un film qui fait vraiment plaisir à voir, surtout par les temps qui courent.
Et bienvenue à toi dido, ça fait plaisir de voir de nouvelles têtes de temps en temps


Columboy 07/05/2009 14:38

ça donne envieeeeee......

Gally 06/05/2009 12:10

j'ai été emballée par ce film et par la tristesse qu'il dégage , rarement un Vampire m'avait autant " dérangée " , d'abord a cause de son adrogynie mais surtout a cause de cette envie évident qu'il a de nouer une relation avec le blondinet , on sent que la faim qui lui noue le plus les entrailles c'ets une faim de chaleur humaine ...le personnage du gamin est assez terrible aussi , ce mouflet paumé entre un pére idéalisé qui fini par tomber de son piedestal et une mére qui rempli simplement ses fonctions de génitrice et des salops qui le martyrisent, putain la vie de MAIRDE qu'il a sérieux !!! bref j'adore ce film qui est avant tout celui de deux solitudes qui se croisent et se nouent pour ne plus ( jamais ? ) se séparer ...

max 05/05/2009 21:03

pas mal...des idées... mais franchement, un peu surestimé

samom 05/05/2009 20:53

le film de l'année !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!