Coraline

Publié le par Sam's

Sortie le 10/06/2009

Animation/USA/2008/1h40

Réalisation & Scénario : Henry Selick d’après l’oeuvre de Neil Gaiman. Production: Bill Mechanic, Mary Sandell, Claire Jennings. Musique : Bruno Coulais. Interprètes (voix originales) : Dakota Fanning, Teri Hatcher, Ian McShane, Keith David, Dawn French,…



C’est une bien belle avant-première que nous proposait le 27ème BIFFF lors de son ouverture avec Coraline, le nouveau bijou d’animation signé par l’un des maîtres actuels de la stop motion, Henry Selick. Malgré une 3D absente des conditions de projection, l’immersion était toutefois bel et bien de la partie avec ce conte noir et macabre surtout destiné aux plus grands.
Coraline, 11 ans, s’ennuie terriblement dans la vieille maison où elle vient d’emménager avec son père et sa mère. Partie à la découverte des moindres recoins de la bâtisse, elle découvre une porte cachée sous le papier peint du salon. En la franchissant, la petite fille est propulsée dans une version alternative de son existence qui s’avère au premier abord merveilleuse. Mais cette réalité parallèle va bientôt dévoiler ses démons et plonger Coraline dans un monde cauchemardesque.
Ce qui marque à l’issue de la projection, c’est que Coraline est davantage un film d’épouvante qu’un conte enchanteur. Bien sûr, il n’y a rien d’effroyablement éprouvant pour susciter le dégoût des plus jeunes mais le film d’Henry Selick possède toutefois une aura macabre qui en perturbera plus d’un. Le superbe générique d’ouverture où l’on voit une poupée se faire découdre pour ensuite être retournée comme une chaussette donne tout de suite le ton. Peu à peu, Selick plonge dès lors sa petite Coraline dans un monde d’illusions relativement perturbant (ces boutons à la place des yeux, brrr) où manipulation, marâtre diabolique et âmes errantes sont de la fête. On est ici en présence d’un conte ambigu lorgnant sur Alice aux pays des merveilles, auquel de nombreux éléments font écho. Techniquement irréprochable, l’animation est d’une fluidité exemplaire et propose des chorégraphies d’une grande homogénéité. Le réalisateur de L’étrange Noël de Mr Jack apporte tout son talent et sa créativité pour livrer quelque chose d’unique (et tellement en marge des productions actuelles) lui appartenant à 100%. Certaines libertés prises par rapport au texte original signé Neil Gaiman en atteste, d’autant que Selick s’est également débarrassé de l’ombre de Tim Burton qui planait sur lui. Evidemment, leurs univers restent proches mais l’artiste semble avoir enfin trouvé toute sa plénitude pour livrer son bijou à lui et à lui seul. Il n’y a dès lors plus qu’à espérer que le film trouve son public lors de sa sortie pour que ce véritable artisan de l’animation puisse encore nous offrir quelques perles de cet acabit et, pourquoi pas, nous livrer son chef d’œuvre ultime.
Coraline n’est cependant pas exempt de défaut : quelques petites longueurs encombrent ainsi légèrement la trame principale mais son réel problème (qui est aussi paradoxalement sa principale qualité) est qu’il risque de n’attirer qu’un public conquis d’avance par les précédents travaux du réalisateur à cause de son atmosphère délétère. Le jeune public habitué aux animaux se trémoussant sur de la dance restera probablement de marbre devant ce spectacle pourtant très immersif. C’est donc aux adultes de jouer afin de faire exister ce film qui mérite une place de choix dans nos salles obscures.
Note : 4/6

Publié dans Previews

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