Mesrine - L'ennemi public n°1

Publié le par Sam's

Sorti le 19/11/2008

Crime/Drame/France/2008/2h10

Réalisation: Jean-François Richet. Scénario : Abdel Raouf Dafri d'après l'œuvre de Jacques Mesrine. Production : Thomas Langman. Musique : Marco Beltrami. Interprètes : Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric, Olivier Gourmet, Gérard Lanvin,…

 

La suite du diptyque consacré à Jacques Mesrine est donc sortie dans nos salles et porte logiquement le titre d’Ennemi public n°1 puisqu’elle s’attarde sur la partie médiatisée de sa vie ainsi que sur la grande traque qui mènera à son exécution.
Mesrine ne cesse de se jouer de la police grâce à de spectaculaires actions criminelles et évasions. De plus en plus mégalo, celui que les médias ont intronisé “Ennemi public n°1” sent pourtant que sa fin est proche et défie les autorités, et en particulier le commissaire Broussard qui est à ses trousses...
Vincent Cassel s’en donne ici à coeur joie dans la peau d’un Mesrine bedonnant et de plus en plus arrogant. Sensiblement moins dur et violent que le premier opus, L’ennemi public n°1 est un peu plus cocasse du fait des facéties orchestrées par le gangster pour défier la police mais aussi plus mélancolique et désespéré, l’homme étant tout à fait conscient que sa fin est proche (“je rigole d’être mort”, disait-il). Jean-François Richet adopte toujours une mise en scène très nerveuse, sa caméra bougeant dans tous les sens (trop, d’ailleurs) et le film est très dense, allignant les scènes de braquages, de confrontations et d’introspection sans aucun répit. Le réalisateur ne quitte quasiment jamais son personnage de vue, délaissant parfois les autres (on aurait peut être voulu en savoir plus sur Broussart) et donnant un peu l’impression d’assister à une suite d’épisodes de la vie de Mesrine plutôt qu’à un vrai film. N’empêche, cela donne une pêche d’enfer au film devant lequel je ne me suis pas ennuyé une seconde et ce, jusqu’à un final laissant un sale goût de sang en bouche (magnifique plan final). A noter que le casting est assez ébouriffant puisqu’on y trouve une Ludivine Sagnier parfaite en petite écervelée qui a chaud aux fesses (comme d’hab’, quoi), un Samuel Le Bihan plutôt costaud dans le rôle d’un des complices de Mesrine, un Gérard Lanvin à l’accent très basque (rires possible à l’horizon), un Mathieu Amalric parfait en François Besse et un Olivier Gourmet parfait dans la peau du commissaire Broussart, le principal ennemi de l’ennemi public n°1, en fin de compte. A moins que ça ne soit son propre orgueil qui l’ait tué...
Au final, et même si le ton diffère d’un opus à l’autre, ce dyptique sur Jacques Mesrine vaut son pesant de cacahouètes ne serait-ce que pour l’aura fantastique du gangster (“Il n’y a pas de héros dans la criminalité”, pourtant) et la fabuleuse interprétation qu’offre Vincent Cassel. On peut par contre trouver à redire sur la mise en scène mais elle au moins le mérite d’être énergique et de ne pas trop laisser le temps au spectateur de s’ennuyer.
Note: 4/6

Publié dans Salles Obscures

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Moskau (pas zéro) 04/12/2008 18:20

J'avais plutôt bien aimé le premier épisode, mais j'ai trouvé le second encore meilleur, sans temps mort et avec un final assez tendu...

Bastien 26/11/2008 12:17

Il est surprenant de voir comment deux films qui sont à la base sensés n'en faire qu'un peuvent être radicalement différent. Exit ici la psychologie fouillée de Mesrine, place à un antihéros qui se veut bigger than life, un mégalo fini qui se prône en justicier et qui n'est qu'un voyou de grande envergure. Fini aussi l'ambiance tendue, la nervosité, le film à fleur de peau, place à un film un tout petit peu répétitif (braquages, arrestation, évasion, braquage, arrestation, évasion) mais très drôle (en tout cas grâce à la grande gueule de Mesrine). Les deux forces du film restent tout de même de taille : tout d'abord, Cassel EST Mesrine dans ce qu'il a de plus noble et de plus pitoyable, et à la performance physique impressionante (tout comme celle à souligner de Samuel LeBihan) s'ajoute un effacement total derrière le caractère du personnage ; ensuite, le film parvient à prendre à ce point au trip qu'on en vient à frémir lors d'un contrôle routier, ou à avoir un léger pincement quand Mesrine arrive Porte de Clignancourt. Aussi fort bien que différent du premier opus. Note inutile : il était vraiment à la masse le Mesrine, car des évasions pareilles dans un film je n'y aurais jamais cru, alors se dire qu'il l'a vraiment fait...