Death Race

Publié le par Sam's

Sortie le 08/10/2008


Action/Science fiction/USA/2008/1h45

Réalisation: Paul W.S. Anderson. Scénario : Paul W.S. Anderson d’après « Death Race 2000 » écrit par Robert Thom, Charles B. Griffith & Ib Melchior. Production : Paul W.S. Anderson, Jeremy Bolt, Roger Corman, Paula Wagner. Musique : Paul Haslinger. Interprètes : Jason Statham, Tyrese Gibson, Joan Allen, Ian McShane, Natalie Martinez,…

 

Paul W.S. Anderson est certainement l’un des réalisateurs les plus foireux de ces dernières années. Quand l’homme ne loupe pas un projet au potentiel pourtant incroyable (Resident Evil), il livre des insanités ridicules et infâmes (Mortal kombat, Alien vs Predator). A la rigueur, seuls Event Horizon et Soldier passent pour de bons films dans sa filmographie. Ce Death Race, qui est comme vous le savez le remake du Death Race 2000 de Paul Bartel produit en 1975 par Roger Corman, fait heureusement partie des « bons » films du tâcheron Anderson. Traduction pour le commun des mortels : Course à la mort version 2008 est un film (très) moyen.

L'Amérique dans un futur proche (2012, pour être plus précis). Dans la plus importante prison de haute sécurité du pays, un jeu de courses automobiles ultra-violent et destructeur a été instauré. Celui qui survit et remporte 5 courses peut gagner sa liberté. Jensen Ames (Jason Statham, fidèle à lui-même), est incarcéré suite au meurtre de son épouse (qu’il n’a pas commis, ça s’appelle donc un putain de complot) et devra reprendre la place de Frankenstein, célèbre coureur et héros du peuple, afin de gagner sa liberté lors de trois épreuves mortelles.

Le scénario original n’était déjà pas des plus copieux mais, malgré sa simplicité, il proposait une bonne dose de délire et de subversion. En effet, assister à cet espèce de « Fous du volant » version gore où des quidams se faisaient écraser sans la moindre pitié (femmes et enfants, personne n’était épargné) s’avérait tout à la fois bouleversant et jouissif. Pour le remake, Paul W.S. Anderson ne s’est lui non plus pas embarrassé d’un scénario complexe mais il en a de surcroît éliminé tout élément réellement subversif. Certes, le film est vulgaire et violent, faisant même parfois gicler de bonnes doses d’hémoglobine sur les pare-brises, mais nous ne sommes pas dupes : comme de nombreux films, Course à la mort se la joue, mais en vérité, il n’en a guère dans le pantalon. Le summum de la frilosité est même atteint lorsque, avant le générique final, quelques phrases nous mettent en garde de ne pas reproduire dans la réalité les cascades auxquelles on vient d’assister ! Un peu comme sur les paquets de cigarettes en somme, Paul W.S. prenant ses spectateurs pour des débiles et/ou croyant que son film puisse nous causer du tort. Regarder ce film tue, donc.

Néanmoins, le réalisateur ne perd pas un instant et privilégie tout de même les scènes de courses au détriment de tout le reste (de toute façon, l’intrigue secondaire, on s'en tamponne!). Après tout, on s’est déplacé en espérant voir de la tôle froissée, des pneus qui crissent et du tuning barbare (Fast & Furious ? Ben ouais…pas loin). Et là, Anderson semble avoir mis le paquet. J’inscris bien « semble avoir mis le paquet » car sa mise en scène, plus speed et épileptique que jamais (le plan fixe ? connais pas !), ne convient guère à mes yeux sensibles et mon petit cerveau lent. Dommage, car les caisses ont de la gueule et la première ainsi que la seconde épreuve avaient l’air très bien ! Par contre, la course finale, elle, avait carrément l’air naze avec ses pilotes survivants qui se font la malle en traversant les murs et en passant les miradors comme si c’étaient du beurre (oui je spoile mais bon…vous parlez d’une surprise!). Allons bon, ne soyons au final pas si médisant, Course à la mort, avec son rythme plus qu’effréné a toutefois le mérite de ne pas endormir le chaland, c’est déjà ça.

Ce remake de Death Race 2000 a beau être speed et furieux (davantage que l’autre daube de Rob Cohen, en tous cas), il en oublie pourtant toute la dimension subversive. Paul W.S. Anderson fait toutefois preuve d’une certaine générosité en livrant là son film le plus barbare. Ca pourrait donc plaire à tous ceux qui savent supporter les mouvements de caméra incessants et frénétiques.

Note : 2/6

 

Publié dans Salles Obscures

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Sycophante 02/11/2008 01:16

Salut ! Effectivement tu as raison je suis un fan de Death Race 2000... Heureux que tu connaisses ce vieux film, ça fait plaisir ! ^^ Bravo pour ton blog en tout cas, à très bientôt ;)

Sycophante 01/11/2008 22:39

Je trouve ton billet quelque peu sévère, même s'il est fondé en ce qui concerne certains défauts. Pour ma part, je l'ai pris comme une oeuvre décomplexée mélangeant satire et action, à l'image du subversif starship trooper qui était bien plus intelligent que ce qu'on ne voulait bien voir... 

Sam's 01/11/2008 22:55


Salut Sycophante!
J'adore Starship Troopers! C'est un très grand film, mais c'est normal il y a un putain de réal derrière aussi!!
Sinon concernant Death race, je te conseille l'original, Death Race 2000 de Paul Bartel, bien plus satirique et décomplexé à mon avis...


nico1980 20/10/2008 16:29

C'EST UN REMAKE DE PAUL BARTEL AVEC STALLONE EN 1975.

Sam's 20/10/2008 19:20


Euh...ouais...on est au courant...


columboy 08/10/2008 04:33

c'est pas un film que j'attendais... la ba déjà, me donnait pas envie... et tu viens confirmer tout ça, merci :-)sinon par rapport au réal, je dois avouer que j'ai trouvé assez feun son Alien VS Predator.... même si dans sa démarche, l'idée était surtout de péter les deux mythes... heureusement les deux séries, surtout Alien en fait, parce que Predator y'a que le 1 de bien finalement, sont largement assez solides pour résister à ce qu'il faut plus considérer comme un délire sympatoche qu'autre chose... cela dis, je suis bcp moins fan du second : AVP2... qui est une grosse merde...

Gilles Penso 08/10/2008 00:33

Pour moi, c'est quand même un gigantesque ratage. Certes c'est violent et spectaculaire, mais à quoi bon si la satire sociale et politique n'a plus cours? Un film inutile, en accord avec la majeure partie de la filmo d'Anderson…