The Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford

Publié le par Sam's

Drame/Western/USA/2007/2h40
Réalisation & Scénario :
Andrew Dominik d’après l’oeuvre de Ron Hansen. Production : Brad Pitt, Ridley Scott, Jules Daly, Dede Gardner, David Valdes, Brad Grey. Musique : Nick Cave & Warren Ellis. Interprètes : Brad Pitt, Casey Affleck, Sam Sheppard, Sam Rockwell, Mary-Louise Parker,…

 

La légende de Jesse James voit à nouveau le jour au cinéma grâce au célèbre Brad Pitt et au méconnu Andrew Dominik, réalisateur d’un Chopper en 2000 qui révéla un certain Eric Bana avant le Hulk d’Ang Lee. L’histoire du célèbre bandit et de sa bande fut l’objet de plusieurs films dans le passé (citons notamment Le Brigand bien-aimé de Henry King, Le Gang des frères James de Walter Hill ou encore J’ai tué Jesse James du grand Samuel Fuller) mais la démarche ici est d’offrir un long parcours crépusculaire que l’on pourrait, il est vrai, de prime abord appréhender, mais qui s’avère pourtant remarquable.
Tout en préparant son prochain hold-up, le charismatique et imprévisible Jesse James se lance dans une guerre sans merci contre ceux qui se sont mis en tête de se couvrir d'argent - et de gloire - en lui trouant la peau. Mais la vraie menace pourrait bien venir de ses propres rangs, plus précisément de ce jeune flingueur qui vient de rejoindre son gang et dont l'admiration se teinte de jalousie...
Même si l’on connaît l’histoire et que le titre nous annonce directement la couleur, The Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford s’avère captivant à plus d’un titre. Mis en scène avec une rare élégance, le métrage d’Andrew Dominik n’est pas un western conventionnel avec ses duels sanglants mais un drame où les confrontations sont psychologiques, ce qui est au final tout aussi mortel. Les coups de feu sont pourtant bien présents, et ce de façon parcimonieuse, laissant ceux-ci détonner admirablement lorsque cela est nécessaire. Le film adopte ainsi l’anti-spectaculaire et pousse l’épure jusqu’à une certaine forme d’onirisme. La présence de flou en bordure de certains plans participe de cette atmosphère fantasmée et contemplative qui transforme notre Jesse James en spectre déambulant dans les limbes. Un personnage qui nous est présenté comme complexe et imprévisible, sous les traits d’un Brad Pitt à la fois incroyablement inquiétant et merveilleusement mélancolique. Face à l’icône, « le lâche » Robert Ford, en totale admiration, est interprété par l’excellent (et les mots sont faibles) Casey Affleck (Ocean’s eleven, Gerry), dont l’apparence juvénile et la voix délicate conviennent finalement admirablement bien au rôle. La tension grandissante entre les deux hommes est atroce, les regards échangés deviennent de plus en plus insupportables et chaque geste devient une menace. Et que dire de ce fameux "assassinat", parfaitement mis en scène et diablement ambigu...superbe! En plus de cette atmosphère incroyable et de nombreux plans magnifiques, le film bénéficie d’une musique signée Nick Cave, qui fait même une apparition lors de laquelle il chante l’élimination tragique du célèbre bandit par son acolyte. Pour ceux qui apprécient l’artiste, cette collaboration est un plus indéniable.
Si c’est surtout Jesse James qui restera à jamais connu, Robert Ford acquiert en tous cas ici un film où sa personnalité et sa relation avec James sont démontrées dans toute leur splendeur et leur complexité. Mais le film est cependant à réserver à tout ceux qui peuvent apprécier la nonchalance et la contemplation dans le septième art.

Note : 5/6

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samom 03/06/2008 21:09

salut sam'sj'espère le voir bientôtton article m'y inciteps : en français je crois que le titre est "le lâche" robert fordje me suis dit en voyant "coward" que le mot ressemblait à "couard" (couardise), synonyme de "lâche", une rcherche de trois secondes m'a effectivement permis d'apprendre que tout betement "coward" veut dire "couard". Mais pas facile à placer dans un titre VF