The Mist

Publié le par Sam's

Sorti le 23/04/2008

Epouvante/USA/2007/2h17
Réalisation & Scénario :
Frank Darabont d’après l’œuvre de Stephen King. Production : Frank Darabont, Liz Glotzer. Musique : Mark Isham. Interprètes : Thomas Jane, Andre Braugher, Laurie Holden, Marcia Gay Harden, Toby Jones, William Sadler,…


Avec sa troisième adaptation de Stephen King, Frank Darabont (Les Evadés, La Ligne Verte) fait une nouvelle fois des merveilles. Une réussite de plus qui ne fait que confirmer ce que l’on pensait déjà : ce cinéaste est né pour transposer l’univers de l’écrivain sur grand écran.
Alors qu'une brume inquiétante se lève sur une petite ville du Maine, David Drayton et son jeune fils Billy se retrouvent pris au piège dans le supermarché local. Le père de famille ne tarde alors pas à découvrir que le brouillard à l’extérieur est peuplé de créatures surnaturelles. Mais alors que la solution la plus raisonnable serait de garder son calme et de s’unir, les personnes confinées dans le magasin cèdent à la panique et s’avèrent même hostiles envers elles-mêmes.
Parmi le nombre immense d’adaptations du King, on a, bien heureusement, déjà pu visionner de très bonnes choses (Carrie, Shining, Dead Zone, Christine, pour ne citer que quelques exemples signés par les plus grands). Mais là où Frank Darabont fait plus fort que les autres, c’est qu’il livre une troisième excellente tentative tout en restant fidèle au matériau d’origine. Mieux encore, cette fois, il accède avec The Mist à un récit qui plonge dans le surnaturel et l’épouvante, agrémenté d’une bonne dose de pessimisme.
Au début, le long métrage ne paie pas de mine. A la vision de certains plans, on a même l’impression d’être dans un téléfilm de luxe. Ensuite, progressivement, on assiste à un film d'épouvante classique (dans le bon sens du terme) proposant des scènes « monstrueuses » qualitativement de plus en plus supérieures (celle du drugstore étant la plus réussie) et au final, le metteur en scène nous assène un grand coup dans les jambes qui nous planque au sol sans crier gare. C’est qu’entre le film de terreur pure et l’étude sociologique, Frank Darabont frappe fort. En explorant et en confrontant la nature des personnes réfugiées dans le supermarché, le réalisateur nous démontre que la menace la plus périlleuse pour l’homme, c’est lui-même. Le danger est à l’intérieur comme à l’extérieur, et à partir de ce moment-là, difficile de croire encore à un quelconque espoir. En plus de ce manque de foi en l’espèce humaine, Frank Darabont pointe plus particulièrement du doigt les attitudes extrémistes et la constante paranoïa de notre société moderne, ici véhiculées par le personnage de la bigote Mrs. Carmody, impeccablement interprété par Marcia Gay Harden (Mystic River, Into the wild).
Cette salope de Carmody (excusez le terme mais c’en est vraiment une !) est parfaitement irritante, et plus d’un spectateur ne la supporteront pas (le film a d’ailleurs tendance à être un peu trop redondant à ce sujet). Cependant, elle représente parfaitement tout le danger et la destruction qu’engendre un tel fanatisme, danger trouvant son paroxysme lors de LA scène-clef du film, celle de la « lapidation » du jeune soldat.
Le pamphlet anti-fanatisme et le drame humain font donc partie du film qui, de par son sujet même, est donc également un authentique film d’horreur. La présence de la brume est angoissante à souhait et ce qui s’y cache est parfaitement inquiétant. D’ailleurs, les mystérieuses créatures masquées par le brouillard s’avèrent bien plus efficaces en terme de frayeur indicible que celles montrées plein cadre. Et même si les franches apparitions des créatures sont définies par beaucoup de « SFX foireux », je trouve que les images de synthèse ne sont en vérité pas si pourries que cela. Malgré une première attaque tentaculaire présentant il est vrai des effets numériques bien trop voyants, le reste n’est pas si mal. Ca reste correct sans être ébouriffant.

Film américain ne bénéficiant d’aucune star dans le casting et véhiculant un profond nihilisme, The Mist ne part pas gagnant dans la course au box office. Mais ce n’est de toute façon pas ce qu’il recherche. Et malgré ses petits défauts, il faut bien admettre une chose que les amateurs d’épouvante et de littérature reconnaîtront immédiatement : ça faisait bien trop longtemps qu’on n’avait pas vu un bon Stephen King au cinoche !

Note : 5/6


Publié dans Salles Obscures

Commenter cet article

Gilles Penso 15/05/2008 10:06

Une fois de plus, Franck Darabont prouve qu'il est l'un des meilleurs adaptateurs de Stephen King. Les séquences d'angoisse vont crescendo… et la fin est tout bonnement atroce !

columboy 10/05/2008 00:13

je viens de le voir et je partage à fond vos avis.... vraiment énorme... et le récit d'une telle noirceur d'un tel pessimisme... un vrai grand film :-)

Gally 07/05/2008 06:56

Entiérement d'accord avec toi Sam's , cela faisait longtemps qu'on n'avait pas eu droit a une adaptation aussi réussie d'un des écrits du chti pére King , perso j'ai adoré The mist sur papier et a l'écran , le film est fidéle a la nouvelle , on retrouve l'ambiance apocalyptique et angoissante a l'intérieur du supermarché tandsi que de drôles de poulpes géants s'affairent au dehors ...Thomas Jane est franchement excellent ( surtout quahd il peint le pistoléro , Gniiiiii ! ) , le seul bémol ce sont certains effets spéciaux un poil cheap ( scéne dans la réserve) , pour le reste j'ai flippé même si je connaissais l'histoire par coeur , preuve s'ilen est que le sieur Darabont a parfaitement réussi soin film ..Et je ne parle même pas de cette fin HALLUCINNANTE de noirceur, une fin pareil on n'avait pas vu ça ( dans un film ricain ) depuis trés longtemps !!!