There Will Be Blood

Publié le par Sam's

affiche-There-will-be-blood.jpgSorti le 20/02/2008

Drame/USA/2007/2h38
Réalisation & Scénario :
Paul Thomas Anderson d’après l’œuvre de Upton Sinclair. Production : Paul Thomas Anderson, Daniel Lupi, Joanne Sellar. Musique : Jonny Greenwood. Interprètes : Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier, Russell Harvard, Ciaran Hinds,…


Pour pouvoir visionner en salle There will be blood, il faut impérativement habiter la capitale ou être sacrément motivé. Et puisque rien ne m’arrête lorsque j’ai envie de voir un film au cinoche, je me suis rendu dans l’un des deux complexes de Bruxelles qui programment le dernier Paul Thomas Anderson (Magnolia, Boogie Nights). Je ne regrette pas le déplacement!
Lorsque le pétrolier Daniel Plainview est averti qu’il existe une petite ville dans l’Ouest où le pétrole suinte du sol, il s’y rend avec son fils, H.W., afin de saisir sa chance. Dans la ville misérable de Little Boston où le principal divertissement tourne autour de l’église populaire et mystique du prêcheur Eli Sunday, Plainview et son fils s’installent et découvrent un gisement. Alors que le pétrole s’extrait généreusement et que leur entreprise est de plus en plus florissante, les conflits s’aggravent et les valeurs humaines se voient de plus en plus menacées par la corruption et la tromperie.
Comment se fait-il qu’un film qui est encensé par la critique et qui a été récompensé aux Golden Globes ainsi qu’aux Oscars (meilleur acteur et meilleure photographie) soit distribué sur un parterre de salles aussi ridicule ? Alors que d’infâmes daubes auxquelles je n’oserai jamais jeter un œil distrait sont jouées dans toutes les salles du pays (Jumper, PS I Love You, Benjamin Gates, oui je suis de mauvaise foi, je cite les titres !), les vrais films, eux, dans le meilleur des cas, restent deux semaines à l’affiche ou, dans le pire des cas, sont distribués n’importe comment. Ohé les distributeurs, on se réveille là ! Vous voulez que je vienne vous carrer une copie 35 d’Astérix dans le fion pour vous faire réagir ? Hein ?! Peine perdue…c’est à nous et à nous seul de réagir en faisant vivre les petits ciné qui récupèrent ces copies des semaines après leurs sorties ou en remplissant les salles où se jouent les vrais bons films et ce, dès leur sortie nationale. Petit soulagement, ce fut le cas pour There will be blood. C’est donc dans une salle archi-bondée de la capitale que j’ai pu apprécier l’œuvre de Paul Thomas Anderson (à ne pas confondre avec W.S. Anderson). Ca débute par près de 12 minutes sans dialogue, où aucun mot n’est prononcé. Tout de suite on est happé, jamais on ne va décrocher. La mise en scène d’Anderson semble avoir atteint une certaine apogée, avec une maîtrise absolue du cadrage et un sens du rythme parfait. Pourtant le film est lent et ne comporte aucune action (si ce n’est la scène d’incendie du derrick). Mais Anderson fait ce qu’il veut et le fait bien, renouant avec une époque où le cinéma était posé, faisait vivre des personnages et racontait une histoire. Ce qui propulserait presque le film au rang de classique (seul l’avenir et d’autres visions nous le confirmeront). Composée par le guitariste de Radiohead, la musique est superbe et planante, elle donne presque un cachet surnaturel aux magnifiques images éclairée par Robert Elswit. Et évidemment, il y a Daniel Day-Lewis (qui tourne peu mais bien), habité comme jamais, magistral dans ce rôle étonnant. Interpréter un personnage qui n’aime personne et qui tombe dans une folie sans nom, il fallait le faire. Impossible d’imaginer le film sans sa présence, il y est absolument dément. Face à lui, Paul Dano (Little Miss Sunshine, Fast Food Nation) est lui aussi pas mal possédé dans la peau du prédicateur évangéliste. Tout est permis pour obtenir gain de cause. Les valeurs, mêmes familiales, s’écroulent pour obtenir le pouvoir absolu. L’argent et la foi se confrontent dans un duel estomaquant, où les excès éclatent à la face du spectateur qui ne sait plus s’il doit sourire ou verser une larme. Peut être les deux. Trop tard, le titre vient d’apparaître à l’écran. C’est terminé. Chef d’œuvre !

Note : 6/6

Publié dans Salles Obscures

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PathOogenic Garbage 06/03/2008 17:38

Bon, moa, je fais tache, comme d'hab, une grosse tache...A savoir une nana + qui ne trouve pas les réponses aux jeux + qui n'a pas vu ce film dont vous parlez tous...Y a des jours où je me demande vraiment à quoi je sers... Ah ben pour une fois j'ai une réponse : " à pas à grand-chose".

samom 06/03/2008 14:08

je corrige à l'UGC orient express aussi pour les amateursdont actele reste je le maintiens

samom 06/03/2008 13:56

Plus de "the mist" à paris sauf au grand r..en soiréedégouté (au bout de 10 jors d'exploitation)RAS LE BOL comme vous le dites de cette distribution à la noix....

Bastien 06/03/2008 13:33

Inutile de te repréciser ce que je pense de ce film : une véritable bombe, ni plus, ni moins ! Un classique instantané, je n'ai aps peur de le crier haut et fort !

isokilla 06/03/2008 12:46

30 bornes encore ça va ...Mais c'est véritablement scandaleux comme tu viens de dire que cette oeuvre soit carrément ignoré, la distribution en France deviens sacrément stupide depuis quelques mois, pas de the mist, pas de anderson et j'en passe.Alors certes, le prochain GOndry passe dans le multiplexe que je fréquente habituellement, mais le personnage et très bankable pour le moment (en plus d'être français), mais j'ai vraiment l'impression qu'il y a une véritable envie de contourner même la notion artisique du cinéma en nous innondant depuis peu d'oeuvre divertissante au possible.Je suis vraiment surpris de ne pas voir la dernière oeuvre du pourtant très populaire Anderson être victime de censure économique, qu'on vienne pas nous dire que la fréquentation diminue après... (tout en insinuant que c'est la faut à INTERNET !!!)