Sweeney Todd, The Demon Barber of Fleet Street

Publié le par Sam's

affiche-Sweeney-Todd.jpgSorti le 13/02/2008

Comédie musicale/Epouvante/USA/2007/1h55
Réalisation:
Tim Burton. Scénario : John Logan d’après l’œuvre de Stephen Sondheim et Hugh Wheeler. Production : Laurie MacDonald, Richard D. Zanuck, John Logan, Walter Parkes. Musique : Stephen Sondheim. Interprètes : Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Timothy Spall, Sacha Baron Cohen,…


Cette nouvelle collaboration Burton/Depp marque le retour du génie de Burbank à un cinéma radicalement sombre et pessimiste. Adapté de l’oeuvre « Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street » de Sondheim et Wheeler, le film, malgré ses airs et ses chants qui s’enchaînent (90% du long métrage, allergiques s’abstenir) s’avère diablement déprimant. Un « beau » conte macabre pour adultes romantiques, en somme.
Après une détention de 15 ans, Benjamin Barker revient à Londres rongé par une obsédante vengeance envers l’infâme Juge Turpin qui le condamna jadis pour lui ravir sa femme, Lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Lovett. Désormais complices, ceux-ci entreprennent un commerce des plus macabres, l’un en égorgeant ses clients venus se faire raser le visage, l’autre en préparant de bonnes tourtes à base de chair humaine…
Tim Burton était né pour adapter Sweeney Todd. Son univers étant pleinement gothique et parsemé de freaks, cette version cinématographique ne pouvait être réalisée par un autre. Ses récentes oeuvres musicales (Les Noces funèbres et Charlie et la chocolaterie) n’étaient que des hors-d’œuvre en attendant le grand opéra gothique. Evidemment, si les gimmicks du cinéaste commencent à vous agacer depuis un moment déjà, Sweeney Todd risque peut être de ne pas vous plaire. Et si en plus, vous ne supportez pas les chansons mises en scène (ou la mise en scène mise en chansons), ce n’est même pas la peine d’essayer. Pourtant, pour ceux qui sont toujours restés fidèles au réalisateur (contrairement à beaucoup de personnes, Big Fish m’a beaucoup touché et ses deux derniers films m’ont agréablement divertis) ou pour ceux qui y croient encore, Sweeney Todd est un drame musical épouvantable. Peu de moments amusants (l’excellent duel contre Pirelli) viennent trancher avec la folie meurtrière et la quête sanglante du personnage principal. Johnny Depp est une nouvelle fois épatant dans la peau de ce monstre psychotique qui n’hésitera pas à assassiner de pauvres innocents (« Tout le monde mérite de mourir », scande-t-il). Dans le genre politiquement incorrect, Tim Burton frappe assez fort. Même si certains trouvent le film encore trop timoré niveau effusions de sang (il y en a qui n’ont jamais leur compte !), on jubile de voir que celui-ci livre là son film le plus gore. Le film plonge graduellement dans une folie abyssale et les effusions de sang deviennent de plus en plus importantes jusqu’à un plan final sinistrement splendide. Les cadrages de Burton font la part belle au magnifique travail de Dariusz Wolski à la photo et certains mouvements de caméra sont jouissifs (j’ai particulièrement apprécié le bref mouvement de caméra, placée derrière la nuque, qui suit la lame d’un rasoir tranchant une gorge, jaillissement d’hémoglobine compris). Pour ce qui est de la partie musicale, beaucoup fustigent la prestation vocale de Johnny Depp qui, il est vrai, ne chante pas toujours très juste. Dans l’absolu peut être, mais dans le film, sa prestation est parfaite : pourquoi Todd devrait-il être un ténor magistral alors qu’il est rongé par la folie et la vengeance ? Cet homme est fou (comme la plupart des autres personnages) ! Et Depp, tout comme Helena Bonham Carter, est en osmose totale avec cela. Hormis l’un ou l’autre chant redondant et, il est vrai, un poil agaçant (« Alms, Alms », « Johanna »), Sweeney Todd contient beaucoup d’excellents morceaux (ceux de Mrs Lovett et de Todd sont fantastiques), quelques fois amusants (« L’Elixir miracle » de Pirelli, suivi de « The Contest » où intervient l’hilarant Sacha Baron Cohen alias Borat) mais surtout sinistres et tourmentés (le thème qui accompagne « My friends » et qui revient hanter « Pretty Women » ainsi que le final, beau à en pleurer).
Même s’il n’y a aucune véritable surprise dans le déroulement de l’histoire, Tim Burton parvient une fois de plus à nous emporter dans un conte cinématographique sans nul autre pareil. On peut même dire qu’il a atteint une certaine apogée dans l’exercice, au combien complexe, du film musical, macabre de surcroît. Vous l’aurez compris, Sweeney Todd m’a donc conquis et entre dans le club très fermé de mes comédies musicales favorites, auprès de Phantom of the Paradise (bien que là, les dialogues ne soient pas littéralement chantés), The Rocky Horror Picture Show et La Petite Boutique des Horreurs (version Frank Oz).

Note : 5/6

Publié dans Salles Obscures

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pj fry 27/02/2008 21:31

ça tue clairemen ce film,  ai adoré aussi! ok avec toi sam, c bien violant; et perso j trouve qu'il ya  meme un humour ambiant qui transpire de cette "folie meurtrière et quête sanglante" dont tu parels. j pense par ex : à sa manière d'enchainer les macabées ( sacré coup d lame le johnny, puis les cadavres qui s'écrasent tetes premieres dans la cave c assez marrant aussi), ou le mome alocolo...  comme yu m'as décris g adoré l'ambiance sombre de ce film, ici parfaitement maniée. tout bon film YEAH! RASTAFARI TIM!!!