La Nuit nous appartient (We own the Night)

Publié le par Sam's

affiche-We-own-the-night.jpgSorti le 28/11/2007

Drame/USA/2007/1h54
Réalisation & Scénario :
James Gray. Production : Marc Butan, Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Nick Wechsler. Musique : Wojciech Kilar. Interprètes : Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Robert Duvall, Eva Mendes, Tony Musante,…


Les films de gangsters ont le vent en poupe en ce mois de novembre. Après le Ridley Scott, voici que sortent cette semaine le Cronenberg et le troisième film de James Gray (Little Odessa, The Yards). Une découverte totale pour moi car je n’avais ni lu un petit résumé ni vu aucune bande-annonce et/ou visuel de ce film (si ce n’est l’affiche). De même, je n’avais vu aucun des deux précédents films du réalisateur. La surprise fut donc absolue et pour le coup, totalement réjouissante.
New York, fin des années 80. Bobby est le jeune patron d’une boite de nuit branchée appartenant aux Russes. Avec l’explosion du trafic de drogue, la mafia russe étend son influence sur le monde de la nuit. Pour poursuivre son ascension, Bobby est obligé de cacher ses liens avec sa famille. Seule Amada, sa petite amie, est au courant que son frère Joseph et que son père Burt sont des membres éminents de la police. De jour en jour, l’affrontement entre la mafia et la police est de plus en plus violent, et face aux menaces qui pèsent contre sa famille, Bobby va devoir choisir son camp.
Hué à Cannes à l’issue de la projection de presse (ils ne changeront donc jamais ces cons de critiques festivaliers !), We own the Night est un pur film noir au classicisme redoutable. « We own the Night », tel est le slogan inscrit sur l’écusson de la police new-yorkaise. Le film s’ouvre d’ailleurs sur des photos d’époque, des images d’arrestation et de grosses prises dans les milieux mafieux. S’ensuit une plongée dans la boite de Bobby où ce dernier caresse et embrasse ardemment le corps allongé de sa sexy latina Amada (Eva Mendes dans son premier rôle qui a de la gueule) sur un morceau de Blondie. Ce sont là les seules et uniques minutes « enjouées » du film qui s’enfonce par la suite de plus en plus dans le drame dont la structure narrative est semblable à la tragédie grecque. We own the Night n’est pas un film de gangsters qui se la pètent, c’est du pur film noir hollywoodien à dimension humaine. Filiation, fraternité, rédemption, voilà de quoi il s’agit. Vous allez me dire que ces thèmes ne sont pas foncièrement originaux mais peu importe, en matière de mise en scène il semble de James Gray n’ait rien à prouver à personne, son film comprenant plus d’une scène d’anthologie. Et il en est de même pour la direction d’acteurs, ici tous impeccables. Joaquin Phoenix y fait encore des merveilles, Robert Duvall est comme toujours parfait et Mark Wahlberg est nickel (bien que sensiblement mis en retrait pour les besoins du script). Tant sur le fond que sur la forme, l’atmosphère du film est terriblement sombre (superbe photo), quasiment toutes les scènes se déroulant de nuit. Une des rares scènes se déroulant de jour (la terrible poursuite en voiture) est d’ailleurs filmée sous une pluie diluvienne. Comme dans la majorité des films de ce genre, la musique joue un rôle primordial, celle-ci étant partagée ici entre des morceaux disco (Heart of Glass de Blondie, Let’s Dance de David Bowie…) et des thèmes composés par le grand Wojciech Kilar (Dracula de Coppola, Le Pianiste). Nom d’une pipe, moi qui ne connaissait pas James Gray, j’ai vachement envie de découvrir ses précédentes œuvres, maintenant !
Avec We own the Night, James Gray frôle le chef d’oeuvre. Sa dimension humaine et son ambiance sombre (voir glauque lors de la scène où Bobby pénètre dans le lugubre appartement où la drogue est conditionnée) amènent le film vers les sommets du genre. Un des films à ne pas louper en cette fin d’année et d’ores et déjà une place bien au chaud dans mon top 2007.

Note : 5/6

We-own-the-night.jpg

Publié dans Salles Obscures

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

columboy 29/11/2007 21:34

J'ai la faiblesse de le mettre en premier dans mon classement annuel... avant la fin de l'année... ça fait un bail que je l'attendais ce film... James Gray, c'est un très Grand... vite découvre ses deux précédents films et tu auras confirmation... :-)