Control

Publié le par Sam's

affiche-Control.jpgSorti le 12/09/2007

Biopic/Drame/Grande-Bretagne/USA/2007/1h59
Réalisation :
Anton Corbijn. Scénario: Matt Greenhalgh d’après l’oeuvre de Deborah Curtis. Production : Todd Eckert, Orian Williams, Anton Corbijn. Musique : Joy Division, New Order. Interprètes : Sam Riley, Samantha Morton, Alexandra Maria Lara, Craig Parkinson, Joe Anderson, Toby Kebbell,…


Après un 24 Hour Party People signé Michael Winterbottom, c’est au tour du photographe et clipeur Anton Corbijn de traiter de ce fabuleux groupe qu’était Joy Division. Sur base du bouquin écrit par Deborah Curtis, le film met l’accent sur le chanteur du groupe, lan Curtis, un personnage charismatique, inégalable mais aussi hanté par ses démons. Un artiste comme il en existe peu.
La vie de Ian Curtis, leader du groupe mythique de rock anglais Joy Division. Tiraillé entre sa gloire naissante, ses deux amours et sa maladie, Ian Curtis s’est suicidé le 18 mai 1980, à la veille de la première tournée américaine du groupe qui s’annonçait triomphale. Sans le vouloir et sans le savoir, cet artiste a changé le rock et influencé de nombreux groupes.
Qui mieux qu’Anton Corbijn, dont c’est le premier long métrage, pouvait conter le portrait de cet écorché que fut Ian Curtis ? Réalisateur de clips pour Depeche Mode, Nirvana ou encore U2, portraitiste ayant immortalisé des chanteurs tels que David Bowie ou Miles Davis, Corbijn était sans nul doute l’homme de la situation. A l’opposé du biopic consensuel et arty, l’artiste livre là un film personnel, un récit à hauteur d’homme. Bénéficiant d’un merveilleux travail sur le grain et les contrastes, la photographie de Control sied parfaitement au propos. En effet, Joy Division était un groupe simple et intègre, loin du strass et des paillettes. A la tête du groupe, le leader Ian Curtis était un homme tourmenté, mal dans sa peau, un chanteur qui se donnait corps et âme sur la scène sans véritablement recevoir en retour. Du moins, c’est le sentiment qu’il avait en lui. Il en était de même en amour : l’homme avait une épouse extraordinaire et vivait en parallèle une liaison impossible avec une journaliste belge nommée Annik Honoré (superbe Alexandra Maria Lara). Tous les éléments étaient à portée de main pour que l’homme vive une carrière extraordinaire au sein du groupe, qu’il ait une vraie vie de rock star. Mais là n’est pas ce qu’il voulait et, alors que le groupe commençait à peine à triompher, Ian a décidé d’en finir avec tout ça, d’en finir avec la vie. La force du film est de ne pas tomber dans le cliché du mélodrame et de l’artiste maudit. Tout passe par la suggestion, par le ressenti (voir la scène du suicide). Dans la peau de Ian Curtis, le débutant Sam Riley brille par son naturel. Sa sincérité et son mimétisme sont ébouriffants de véracité. Joy Division et son leader Ian Curtis demeurent un groupe phare, grâce à leurs textes et leur style mélancolique, ils sont à l’origine de la New Wave et ne cessent, encore aujourd’hui, d’inspirer de nombreux artistes. Suite au décès du chanteur, le reste du groupe a fondé New Order et officie encore actuellement en conservant cette image intègre si chère à leur leader.
Avant Control, je ne connaissais que quelques morceaux de Joy Division (Love Will Tear Us Apart, She’s Lost Control, Atmosphere…). Maintenant, grâce au film d’Anton Corbijn, j’ai découvert cette personnalité forte et perturbée qu’était Ian Curtis. J’ai pu rentrer un peu plus dans son univers et vibrer face à son destin tragique. Cette plongée fut assez déprimante mais restera néanmoins à jamais gravée dans ma tête et dans mon cœur. Merci les artistes !

Note : 5/6

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Publié dans Salles Obscures

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