No(r)way of life

Publié le par Sam's

affiche-norway-of-life.jpgSorti le 07/11/2007

Fantastique zarbi/drame/Norvège/2006/1h35
Réalisation:
Jens Lien. Scénario : Per Schreiner. Production : Jørgen Storm Rosenberg. Musique : Ginge Anvik. Interprètes : Trond Fausa Aurvag, Petronella Barker, Per Schaaning, Brigitte Larsen, Johannes Joner,…


De tous les cinéastes en provenance des pays nordiques, on ne retient souvent qu’un seul nom : Lars Von Trier. Pourtant, il y a bien d’autres talents comme Thomas Vinterberg (Festen, Dear Wendy), Anders Thomas Jensen (Les bouchers verts, Adam’s Apples) ou bien Jens Lien, réalisateur de ce No(r)way of life pas comme les autres. Récompensé à quatre reprises lors du dernier Festival du Film Fantastique de Gerardmer, ce petit ovni vient d’atterrir discretos dans nos salles de ciné.
Un type arrive au beau milieu d’un paysage désertique. C’est Andreas. Sur place, il est accueilli par un gars amical qui le conduit en ville. Arrivé à destination, il reçoit un appartement, un boulot et il ne tarde même pas à trouver une ravissante femme. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Trop. Il y a quelque chose de louche : tout semble parfait mais pourtant plus rien n’a de saveur. L’alcool n’enivre pas, la nourriture n’a pas de goût et le sexe n’a plus rien d’excitant. Bien qu’Andreas se soit adapté à cette vie, il va tenter de s’en échapper pour, peut être, retrouver un monde de goûts et de saveurs.
Le film commence très fort avec cette scène où Andreas, apparemment dépité, regarde un couple en train de se rouler une méga galoche sur un quai de métro. L’acte est exécuté sans aucun sentiment. Andreas est dépité, il se jette sous les roues du transport en commun. S’ensuit cette scène où l’homme débarque d’un bus et est emmené à son domicile. Durant toute cette première partie, on a l’impression d’être dans la Twilight zone : les êtres humains qui y déambulent agissent comme des robots, sans aucun sentiment, sans une once de personnalité. Ainsi, le corps d’un homme qui vient de se suicider est retiré de la voie publique et le trottoir est vite nettoyé au Karcher. Tout est exécuté froidement. A vrai dire, ce monde n’est pas si éloigné du nôtre. Tout cela est exagérément déshumanisé mais sur certains points, on n’a pas tellement l’impression d’être dans la science-fiction. N’avez-vous jamais eu l’impression d’être une machine, d’exécuter des choses sans même y penser et qu’en est-il de toutes ces pubs qui nous promettent le bien-être, le bonheur aseptisé se trouve-t-il chez Ikea ? Imaginez une vie entièrement comme cela. Une vie lisse et facile où même mourir devient impossible. Il y a de quoi péter un câble. Sur un ton très décalé et une belle mise en image, le réalisateur instaure un climat vraiment particulier. Mais malgré ses bonnes idées, le film aurait peut être mérité d’être plus court, histoire qu’on y adhère complètement. N’empêche, dans le genre, c’est quand même pas mal frappadingue.
Avec son ambiance à la Kafka et ses scènes « out of this world », No(r)way of life séduit par ses idées mais rebute quelque peu sur la longueur. Quoiqu’il en soit, l’expérience est bien là et la vérité est probablement ailleurs, comme dirait l’autre…à moins qu’elle soit sous nos yeux.

Note : 3.5/6

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Publié dans Salles Obscures

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