MOH2: The Screwfly Solution (La guerre des sexes)

Publié le par Sam's

Réalisation : Joe Dante. Scénario : Sam Hamm d’après la nouvelle de James Tiptree Jr. Musique : Hummie Mann. Interprètes : Jason Priestley, Kerry Norton, Elliott Gould, Brenna O’Brien, Linda Darlow,…


Complètement à l’opposé d’un Dario Argento sa vautrant dans le sang et la luxure sans trop se soucier d’un éventuel message, Joe Dante, lui, conçoit les Masters of Horror comme un puissant moyen d’expression. Après Homecoming où la politique américaine en prenait pour son grade, c’est au tour du monde entier de morfler dans The Screwfly Solution, un épisode qui s’avère être une fois de plus de haute volée.
Un nouveau virus se répand dans le sud des Etats-Unis, poussant les hommes à agresser et assassiner les femmes qui les côtoient. Pendant que quelques scientifiques tentent de trouver un remède à cette épidémie qui menace d’éradiquer la race humaine, une mère et sa fille fuient dans l’espoir d’échapper à la folie meurtrière les entourant.
Voilà un épisode hyper dense où le réalisateur de L’Aventure intérieure livre une ténébreuse allégorie des horreurs de ce monde. Il y a un goût amer d’apocalypse dans The Screwfly Solution. Pourtant, comme dans Homecoming, le pitch de départ flirte avec le cocasse : à l’instar d’une mouche aux coutumes morbides, les mâles de la planète, poussés par leurs hormones sexuelles, prennent un plaisir sadique à exterminer les femelles se trouvant dans leur champ de vision. L’homme en est réduit à l’état de prédateur sautant sur la première femme venue dans le but de l’emporter dans une étreinte mortelle. Y en a qui n’ont pas besoin d’être attaqués par un virus pour avoir ce comportement, vous allez me dire. Soit, je suis bien d’accord. L’épisode de Dante, à la fois drôle et intelligent, parle donc des relations hommes/femmes mais s’attaque également au fanatisme religieux et à la science. Le cinéaste ne manque d’ailleurs pas d’asséner quelques vérités qui font mal comme le fait que le fanatisme religieux n’est que le résultat d’une frustration sexuelle ! Déchaîné l’ami Dante, n’est-ce pas ? Mené par des comédiens impeccables (dont Jason « Beverly Hills » Priestley et l’excellent Elliott « M.A.S.H. » Gould), cet habile mélange de drame, de thriller et d’horreur (le meurtre dans la discothèque est d’une brutalité sans nom) finit en une tragique exode où l’élément fantastique, jusqu’ici supposé, se révèle logiquement à la face du spectateur. A vrai dire, le seul véritable défaut de l’œuvre réside en sa courte durée, puisque le matériel de base méritait certainement un traitement de taille. Mais le principal c’est que Dante ait pu s’exprimer et pour le coup, il n’y avait que les Masters of Horror qui lui ont permis de le faire. Tant mieux !

Note : 4/6

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Triox Von weasel 23/10/2007 21:12

excellent episode !