Réalisation: Stuart Gordon. Scénario : Stuart Gordon & John Strysik Production: Jay Firestone, Robert Katz, Ken Gord. Musique : Bobby Johnston. Interprètes : Stephen Rea, Mena Suvari, Russell Hornsby, Rukiya Bernard, John Dartt,…
Après King of the Ants et surtout Edmond (il faut absolument que je mette la main sur ces deux-là), Stuart Gordon laisse de
nouveau le fantastique et l’horreur grand-guignolesque de côté pour s’attaquer à un récit inspiré d’un fait divers sordide. Mais que les amateurs d’hémoglobine et de brutalité se rassurent, le
réalisateur n’a pas pour autant perdu de son mordant, loin de là.
Une aide-soignante renverse un pauvre homme devenu SDF, venu s’encastrer dans le pare-brise de la voiture. Au lieu de prévenir les secours, elle l’emmène chez elle et le laisse agoniser dans son
garage.
A partir d’un pitch tout petit, de moyens médiocres et d’une poignée de comédiens, Stuart Gordon frappe fort. Avec sa mise en scène sobre allant droit au but, il parvient une fois de plus à nous
plonger dans un horrible cauchemar. Sauf qu’ici, le monstre n’est pas gluant mais que son visage est bien humain, l’intérieur étant cependant pourri par un individualisme puant. Dans
Stuck, c’est chacun pour soi et l’autre n’a qu’à crever ! Nous décrivant un monde presque déshumanisé où l'homme est traité comme une ligne dans une base de donnée ou une chose dont
il faut absolument se débarrasser, le réalisateur culte de Re-animator pointe du doigt tout l’égoïsme de ce monde où les gens veulent faire fortune et vivre leur petite existence sans se
soucier des autres. Si le constat fait frémir et est d’une noirceur absolue, le metteur en scène n’en oublie néanmoins pas d’insérer quelques touches d’humour noir ainsi que l’une ou l’autre
scène gore, signature de ce « Maître de l’horreur ». Parfaitement mis en scène, le long métrage bénéficie en outre d’un montage inventif (la scène de sexe est à ce sujet assez
croustillante), d’une musique parfaitement utilisée (l’introduction en gériatrie avec du rap en fond sonore est géniale) et surtout de comédiens excellents. La très convaincante Mena Suvari
(American Beauty, Edmond) assume parfaitement le rôle de l’aide-soignante un brin déséquilibrée et complètement dépassée par les évènements, Stephen Rea (V for Vendetta,
Breakfast on Pluto, Sisters) est parfait dans la peau de ce pauvre type qui accumule les infortunes et Russell Hornsby (Get Rich or die tryin’) est lui aussi très efficace
dans le troisième rôle principal, celui du petit ami dealer, soi-disant expert en élimination de vies humaines. Une palette de personnages tour à tour horribles, paumés et maladroits. Des
victimes de leur égoïsme et d’une société où la réussite est le seul mot d’ordre, peu importe si vous êtes sur le point de trouver un job ou si vous êtes en train d’agoniser. Life’s a bitch, then
you die.
Note : 4.5/6







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