Sorti le 16/04/2008
Thriller/USA/2007/1h51
Réalisation & Scénario : Michael Haneke.
Production : Hamish McAlpine, Chris Coen. Interprètes : Naomi Watts, Tim Roth, Michael Pitt, Brady Corbet,…
On se souvient tous du cas Psycho réalisé par Gus Van Sant en 1999. Remake au plan près du chef d’œuvre d’Hitchcock, le réalisateur
d’Elephant dû alors en découdre avec les critiques et les fans acharnés. Aujourd’hui, Haneke fait le même type de démarche. Sauf que lui s’attaque à son propre film. Y a-t-il un intérêt
quelconque à refaire le même film qu’en 1997 ? Cette « nouvelle » version a beau être à destination du public américain, elle sort tout de même sur nos écrans européens. Y a-t-il
des changements majeurs qui valent la peine que les spectateurs francophones se déplacent en salle pour revoir la même chose ? Toutes ces questions resteront malheureusement en suspens dans
cet article car je n’ai pas vu le film original (j’ai bien niqué le poussin dans l’œuf, là !).
Alors qu'ils s’apprêtent à passer de paisibles vacances près d'un lac, George, Ann et leur fils Georgie reçoivent la visite de deux adolescents qui vont les séquestrer et les torturer à mort.
C’est un euphémisme de dire de Funny Games U.S. qu’il est dérangeant à plus d’un titre. Rien que le pitch de départ où la très propre petite famille américaine va en morfler
psychologiquement et physiquement sans raison aucune, ça fait mal. Haneke désirait montrer la violence telle qu’elle est vraiment et on peut dire que c’est réussi. Dès que le petit jeu commence,
les victimes subissent des tortures surtout morales et ensuite physiques qui vont les plonger dans une humiliation sans nulle autre pareille. Pourtant, là où le réalisateur fait fort, c’est qu’il
parvient à choquer sans jamais montrer de façon frontale les scènes de meurtres. Dans ces « jeux amusants », la vraie violence est montrée hors champ mais s’avère tout aussi éprouvante.
Haneke fait très bien monter la tension, passe à l’acte en détournant volontairement sa caméra et s’éternise ensuite à nous montrer les réactions post-traumatiques de ses victimes. Dans sa
démarche, son montage et ses plans parfois interminables, le metteur en scène perdra plus d’un spectateur en cours de route. Car il faut bien le dire, il n’est pas rare de s’emmerder à la vision
de Funny Games U.S. Adeptes de montage syncopé, de mouvements de caméra expéditifs et de scènes d’action pétaradantes, s’abstenir. Le réalisateur allemand aime faire durer le plan fixe et
n’a pas peur de s’éterniser sur un plan de coupe. Cela participe évidemment de façon cohérente à la sensation de malaise transmise au spectateur mais cela est aussi parfois rudement ennuyant. A
un moment ou un autre, on en vient à demander que tout cela cesse. Partagé entre un malaise bien réel et un ennui profond, on ne sait pas très bien ou se situer. Et lorsqu’à un moment, l’histoire
semble nous libérer enfin, Haneke nous joue un tour de passe-passe qui en frustrera plus d’un. On se sent alors révolté, trompé, manipulé par ce film qui n’a finalement aucune pitié ni pour ses
protagonistes ni pour ses spectateurs. Dans le genre nihiliste, ça tape fort.
Funny Games U.S. est donc une drôle d’expérience. Eprouvante, frustrante,
ennuyante et puissante à la fois. Un tel panel de sentiments contradictoires n’émerge pas de tous les films présents sur nos grands écrans, alors si, comme moi, vous n’avez pas vu l’original et
que vous aimez être secoué au ciné, tentez Funny Games U.S. Ou alors procurez-vous l’original. Encore une dernière chose : les acteurs sont formidables et les prestations de Michael
Pitt (Bully, Last Days) ainsi que Brady Corbet (Thirteen, Mysterious Skin) font vraiment froid dans le dos.
Note : 4/6
par Sam's
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Drame/Thriller/USA/Grande-Bretagne/Canada/2007/1h34
Réalisation: Stuart Gordon. Scénario : Stuart Gordon & John Strysik Production:
Jay Firestone, Robert Katz, Ken Gord. Musique : Bobby Johnston. Interprètes : Stephen Rea, Mena Suvari, Russell Hornsby, Rukiya Bernard, John Dartt,…
Après King of the Ants et surtout Edmond (il faut absolument que je mette la main sur ces deux-là), Stuart Gordon laisse de
nouveau le fantastique et l’horreur grand-guignolesque de côté pour s’attaquer à un récit inspiré d’un fait divers sordide. Mais que les amateurs d’hémoglobine et de brutalité se rassurent, le
réalisateur n’a pas pour autant perdu de son mordant, loin de là.
Une aide-soignante renverse un pauvre homme devenu SDF, venu s’encastrer dans le pare-brise de la voiture. Au lieu de prévenir les secours, elle l’emmène chez elle et le laisse agoniser dans son
garage.
A partir d’un pitch tout petit, de moyens médiocres et d’une poignée de comédiens, Stuart Gordon frappe fort. Avec sa mise en scène sobre allant droit au but, il parvient une fois de plus à nous
plonger dans un horrible cauchemar. Sauf qu’ici, le monstre n’est pas gluant mais que son visage est bien humain, l’intérieur étant cependant pourri par un individualisme puant. Dans
Stuck, c’est chacun pour soi et l’autre n’a qu’à crever ! Nous décrivant un monde presque déshumanisé où l'homme est traité comme une ligne dans une base de donnée ou une chose dont
il faut absolument se débarrasser, le réalisateur culte de Re-animator pointe du doigt tout l’égoïsme de ce monde où les gens veulent faire fortune et vivre leur petite existence sans se
soucier des autres. Si le constat fait frémir et est d’une noirceur absolue, le metteur en scène n’en oublie néanmoins pas d’insérer quelques touches d’humour noir ainsi que l’une ou l’autre
scène gore, signature de ce « Maître de l’horreur ». Parfaitement mis en scène, le long métrage bénéficie en outre d’un montage inventif (la scène de sexe est à ce sujet assez
croustillante), d’une musique parfaitement utilisée (l’introduction en gériatrie avec du rap en fond sonore est géniale) et surtout de comédiens excellents. La très convaincante Mena Suvari
(American Beauty, Edmond) assume parfaitement le rôle de l’aide-soignante un brin déséquilibrée et complètement dépassée par les évènements, Stephen Rea (V for Vendetta,
Breakfast on Pluto, Sisters) est parfait dans la peau de ce pauvre type qui accumule les infortunes et Russell Hornsby (Get Rich or die tryin’) est lui aussi très efficace
dans le troisième rôle principal, celui du petit ami dealer, soi-disant expert en élimination de vies humaines. Une palette de personnages tour à tour horribles, paumés et maladroits. Des
victimes de leur égoïsme et d’une société où la réussite est le seul mot d’ordre, peu importe si vous êtes sur le point de trouver un job ou si vous êtes en train d’agoniser. Life’s a bitch, then
you die.
Note : 4.5/6
par Sam's
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Bonne réponse d'Urotsukigally qui trouve Slither.
par Sam's
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La force tranquille. Incroyablement serein et modeste, Stuart Gordon semble plus que
jamais être en pleine possession de ses moyens. Son attitude et son dernier film, Stuck, nous l’ont prouvé de bien belle manière. Evocation des différences entre le fait divers d’origine
et l’adaptation cinématographique, anecdotes sur le tournage, implication de Mena Suvari lors de scènes chaudes (elle est dingue !), explications concernant House of Re-animator
(l’idée de la Maison Blanche semble bel et bien abandonnée à cause des producteurs frileux mais Gordon n’abandonnera pour autant pas Herbert West et ses expérimentations) ainsi qu’un petit mot
sur son prochain projet (une adaptation du « Monstre sur le seuil » de…Lovecraft, évidemment) pour cette rencontre au top avec l’un des maîtres de l’horreur, plus vivace que
jamais.
Bonne réponse d'Isokilla.
par Sam's
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Comédie horrifique/Grande-Bretagne/2008/1h32
Réalisation & Scénario: Paul Andrew Williams. Production: Ken Marshall. Musique : Laura Rossi.
Interprètes : Andy Serkis, Reece Shearsmith, Jennifer Ellison, Steve O’Donnell, Doug Bradley,…
The Cottage fut l’une
des bonnes petites surprises de ce 26ème BIFFF. Hilarant et généreusement gore, ce survival comique réalisé par l’auteur du thriller London to Brighton, s’est sans peine attiré
la sympathie du public survolté de Bruxelles.
Deux frangins avides de thunes font capoter le kidnapping de la fille du parrain de la pègre par leur maladresse et leur imbécillité. Venus se planquer dans un cottage au fin fond de la
cambrousse anglaise, ils se retrouvent pourchassés par des sbires envoyés pour récupérer la fille. Mais tout cela n’est que broutilles et la situation serait bien pire si, par exemple, ils
avaient à faire à un fermier psychopathe mutant.
Quel bonheur de retrouver ici Andy Serkis dans un des rôles principaux et qui plus est, non digitalisé. On avait pu se rendre compte de tout le talent de cet acteur dans l’art du mimétisme, voici
maintenant qu’il nous démontre qu’il peut aussi exceller dans le registre comique. The Cottage est certes très drôle, mais il est aussi par moment très brutal. Le film débute dans le
registre du gangster movie humoristique pour ensuite basculer, à la moitié, dans le survival gore. Entre alors en scène un mutant dégénéré au look très « Hills have eyes » qui va
défourailler, toujours dans la joie et la bonne humeur, nos sympathiques ravisseurs et leur jolie captive (Jennifer Ellison, parfaite dans le rôle de la blonde joliment carrossée ayant du punch et du répondant). Un humour omniprésent, des effets gores très sympas, des
références en pagaille (en pense même à Predator lorsque le mutant arrache la colonne vertébrale de l’une de ses victimes), des personnages désopilants très bien interprétés (Serkis
rules !),… The Cottage est un produit attachant et irrésistible que je vous conseille plus que vivement !
Note : 4/6
par Sam's
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Bonne réponse de Max qui trouve Terror Tract.
Indice: Creepshow
Indice2: vente
Indice3: Junior le terrible
par Sam's
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Ben oui, le BIFFF c’est déjà fini pour cette année ! Snif ! Mais sur The Great
Movie Picture Show, la fête durera encore une semaine de plus ! J’ai encore des choses à vous dévoiler sur cette 26ème édition. Certains films vus dans le cadre du Festival seront
évoqués lors de leur sortie prochaine en salle (Funny Games, Rec, Diary of the Dead) et d’autres seront chroniqués en avant-première
(The Cottage, Exte : Hair extension, Jack Brooks Monster Slayer, The Fall…) mais en attendant, le Jury International a
rendu son verdict ce mardi 08 avril et le voici :
Corbeau d’Or :
13 Beloved de Chookiat Sakveerakul
(Thaïlande)
Corbeau d’Argent (ex-aequo) :
Stuck de Stuart Gordon
(USA/Canada/Grande-Bretagne)
Rec de Jaume Balaguero & Paco
Plaza (Espagne)
Mention spéciale :
The Substitute de Ole Bornedal
(Danemark)
Prix Pégase du Public :
Rec de Jaume Balaguero & Paco
Plaza (Espagne)
Méliès d’argent (Meilleur film européen) :
Frontières de Xavier Gens
(France)
Prix du 7ème Parallèle :
The Aerial de Esteban Sapir
(Argentine)
Et encore une bonne réponse de Max!
par Sam's
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Une fois de plus, c’était un Jury éclectique et avenant qui était présent à cette
nouvelle édition du BIFFF. Comme chaque année, un Q&A suivi d’une séance de dédicaces était organisée au beau milieu du site. Présidé par un Umberto Lenzi (Spasmo,
Cannibal Ferox) peu enclin à discuter de ses films de cannibales mais jouant malgré tout le jeu, le jury était composé de l’écrivain belge Thomas Gunzig (« Mort d’un parfait
bilingue »), de l’actrice française Catherine Wilkening (Jésus de Montréal, Le Cœur des hommes…pas très fantastique tout ça !), du réalisateur et
producteur américain Brett Leonard (Le Cobaye, Man-Thing), du génial metteur en scène coréen Joon-Ho Bong (Memories of Murder, The
Host) et de l’actrice américaine Lisa Marie (Ed Wood, Mars Attacks !) qui était inséparable de son appareil photo. Une rencontre très sympa où l’on
a pu notamment apprendre que Joon-ho Bong travaillait sur plusieurs projets dont un avec Park-chan Wook ! Seule petite déception, Lisa Marie a dû quitter le Q&A avant la séance de
dédicaces pour des raisons personnelles. N’ayant pas pu l’alpaguer lors des autres jours, j’ai donc loupé l’autographe et la photo à ses côtés. Dommage.
Le Jury de cette 26ème édition au grand
complet
Brett Leonard & Joon-ho
Bong
Umberto Lenzi & Lisa Marie
Umberto Lenzi, président du Jury
International
Brett Leonard
Joon-ho Bong
Bonne réponse de Max qui trouve Garuda.
Indice: Thaïlande
par Sam's
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